Rencontre avec Cédric Chapuis, à l’affiche au théâtre de Dix heures avec Une vie sur mesure

14 avril 2010 Par
Geraldine Pioud
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Dans Une vie sur mesure, Cédric Chapuis incarne le jeune Adrien Lepage, un adolescent plutôt solitaire passionné par la batterie. Un spectacle émouvant, drôle, intelligent et divertissant! Un pur moment de one man show à voir de toute urgence. Lisez ci-dessous notre rencontre avec l’auteur/interprète… et tentez de gagner vos places avec notre jeu concours.

Peux-tu nous parler de la genèse de ton spectacle?

C’est l’histoire de la passion de la batterie que j’ai voulu raconter. Car je l’ai vraiment vécue de 14 à 20 ans. J’étais mordu de batterie, je pensais à cela environ 80% du temps. Mais contrairement à mon personnage, le jeune Adrien Lepage, j’avais une vie sociale à côté! Je suis vite parti du constat que la batterie était un instrument que l’on n’ avait pas besoin d’avoir pour le travailler. C’est la première phrase du spectacle. Et c’est aussi la dernière. C’est comme cela que m’est venu l’histoire. C’est quelque chose qui m’a touché personnellement. Je ne me suis pas posé la question du succès ou non de cette pièce, je savais juste qu’il fallait que je l’écrive : en parlant de ma passion, j’espérais que cela fasse tache d’huile et que cela contamine aussi les spectateurs. Et puis je ne suis pas tout seul, il y a aussi mon metteur en scène, Stéphane Battle, avec qui j’avais déjà travailler.

Cette pièce, c’est une façon pour toi d’associer tes deux passions : la musique et le théâtre?

C’est le nec plus ultra! L’idée m’est venu après une discussion avec Daniel Dumoulin, qui était mon professeur de batterie à l’école Dante Agostini de Toulouse. On monte un projet ensemble qui s’appelle « La dernière chanson de Claude », l’année où Claude Nougaro aurait dû avoir 75 ans. On fait un spectacle autour de ces textes : moi, je lis ; et il y a trois batteurs qui m’accompagnent. On part le jouer à Saint Malo et on se dit qu’il faut vraiment faire un spectacle autour de la batterie. Je commence à élaborer quelque chose mais cela ne va pas dans le sens où lui veut aller. Mais je garde l’idée et voilà : j’écris la pièce!

Tu n’as jamais eu envie d’être batteur professionnel?

Si. J’ai mon bac à 17 ans, je suis admis en Mat’sup Technique. Et là je me rends compte que la quantité de travail à fournir pour un résultat qui ne m’intéresse pas plus que ça… le jeu n’en vaut pas la chandelle. Pour cela il aurait fallu que j’arrête le rugby et la batterie. Et je ne voulais pas. Mais comme j’ai commencé la batterie assez tard, à 14 ans, il aurait fallu que je fasse encore 4 ans d’études pour être professionnel. C’était assez embêtant : qu’est-ce que je fais pendant 4 ans? Qu’est-ce que j’explique à mes parents? C’était compliqué à gérer. Finalement je suis parti travailler dans l’animation en club de vacances. Le tourisme m’intéressait aussi. Je faisais des animations la journée et le soir je montais sur scène. C’est là que j’ai chopé le virus. J’avais 19/20 ans. L’avantage en club c’est que j’écrivais mes sketches la journée et que je pouvais les tester le soir.

Pourquoi avoir choisi l’humour pour t’exprimer? Cela n’est pas facile de faire rire les gens.

C’est compliqué de faire rire, effectivement, sans trop se répéter. Mais il y a différentes formes d’humour. C’était l’époque où « Rires et chansons » commençait vraiment à exister, on entendait les humoristes parisiens à la radio. Il y avait Les Inconnus… Tout cela m’a donné envie de faire de l’humour. C’était aussi un moyen pour moi de raconter de belles histoires. Mais cela n’est pas une contrainte : quand j’écris je ne me dis pas tout le temps « il faut être drôle ». Du coup cela libère d’un poids. Ce qui est important c’est de laisser vivre les personnages.

Comment as-tu choisi les extraits musicaux de ton spectacle?

Dans le medley rock j’ai vraiment choisi des morceaux que je reprenais à l’époque et sur lesquels je jouais. Metallica, AC/DC, Offspring… l’époque du lycée. Je me suis fait plaisir. Pour la musique techno c’est un morceau qui parle à tout le monde. Et puis c’est une bascule dans le spectacle.

La pièce a déjà beaucoup tourné en province. Elle est à l’affiche du Théâtre de Dix Heures jusqu’au 26 juin. Et après?

J’ai plusieurs projets sur le feu. C’est difficile de savoir lequel va sortir en premier. Je continue d’écrire. Mais « Une vie sur mesure » n’est pas le dernier spectacle que j’ai fait. Le tout dernier c’est « 23-F côté hublot » où c’est mon épouse, Mira Simova, qui joue. C’est ma première mise en scène. Mais je n’ai pas encore fait le trio écrire-mettre en scène-jouer, parce que le travail d’équipe c’est important, de savoir qu’il y a une autre personne sur laquelle tu peux compter. Ce spectacle a été créé l’année dernière à Toulouse et il a bien marché. Là c’est plutôt autobiographique, c’est assez inspiré de notre histoire. Elle est d’origine bulgare, on s’est rencontré dans son pays et elle a décidé de tout quitter pour me suivre en France. Elle a recommencé sa vie de zéro. Dans cette pièce on parle de ça, comment s’intégrer à la culture française, et aussi dans la belle-famille. C’est un pièce drôle qui tombe en plein dans le débat sur l’identité nationale. Trouver sa place est quelque chose d’universelle. Écrire pour le théâtre c’est un pari et une lutte permanente contre l’ennui. Et pour « Une vie sur mesure », après le 26 juin c’est le point d’interrogation. Mais j’ai envie de tourner avec ce spectacle à Paris encore au moins 2 ans. Ce serait dommage de s’arrêter au bout de 6 mois!

Propos recueillis par Géraldine Pioud
Photos de Christophe Meireis

Une vie sur mesure, de et avec Cédric Chapuis
Théâtre de Dix Heures
36, boulevard de Clichy
75018 PARIS
TÉL: 01 46 06 10 17
Du mardi au samedi à 20h30 jusqu’au 26 juin
Plus d’informations sur le site du Théâtre de Dix Heures