Remarquable « FARA-FARA » de Malick Gaye au Théâtre de Belleville

11 avril 2016 Par David Rofé-Sarfati | 1 commentaire

Un Congolais (RDC)  en exil voit ses repères vaciller. Envahi par ses souvenirs, il revit des fragments d’histoire de son pays a? travers un rituel dont il est le grand maître de cérémonie.

Fara-fara signifie « face a? face » en Lingala. La pièce est une suite désordonnée mais chronologique de face à face, de confrontations et d’asservissements.

On parcourt les 50 dernières années du Congo belge, ancien Zaire. On croise le dictateur Mobutu, puis Mohamed Ali dans son combat de boxe légendaire de 74 contre Foreman. On découvre le concert de la foire internationale de Kinshasa de 2005 et sa prison dans les caves du stade.

La pièce rend compte des tensions internes, internationales, politique et économiques capitalistiques ou philosophiques. Si l’Europe est là, horizon de toute chose, c’est pour la disqualifier comme on dénigre une quête qui rate sa cible. On évoque le coltan, ce minerai unique et précieux du Congo; il équipe nos iPhone qui valent mille fois le salaire de chacun des mineurs. On évoque aussi les shégés, ces enfants des rues accusés de sorcellerie et brutalisé par l’état. On évoque les camps de réfugiés de la guerre du Rwanda. Au loin les six millions de victimes de la guerre civile. Six millions.

Tout est là mais joyeux dans ce spectacle sur l’Afrique et sur son âme, entre sa musique et les bouteilles de cette bière qui aliène et libère. Tout est là dans cette mise en scène étonnante entre théâtre et chronique. A l’art du récit de Alice Carré répond l’art du conte de Malick Gaye. Les acteurs, dans leur face à face évite le folklore et restituent ce qui fait invariant entre le nord et le sud, un même rêve dérisoire. Jérémie Martin le blanc en charge aussi de la musique et Christian Bena Toko le noir en tension dans ses émotions se font face dans cet objet théâtral remarquable.

A ne pas manquer, dernier soir aujourd’hui.

Crédit Photos © Kami

Texte : Alice Carré
Mise en scène : Malick Gaye
Jeu : Christian Bena Toko
Guitare: Jefferson Lembeye
Percussions : Jérémie Martin
Scénographie : Irène Aumeilley-Colomès
Création lumières : Didier Peucelle


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COMMENTAIRES:

  1. Christian BENA TOKO

    L’article dit tout,… Merci…
    N.B:concert c’était en 2005,… Erreur de frappe je suppose!
    C.B.S…

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