« QUAND LE DIABLE S’EN MÊLE », trois Feydeau à l’Aquarium

19 septembre 2016 Par David Rofé-Sarfati | 0 commentaires

Trois couples, et chaque fois l’apocalypse : un accouchement prématuré, une mort subite et suspecte d’une belle-mère ou une purgation thérapeutique de bébé ! Pour la troisième fois, Didier Bezace revient à ces Feydeau : à l’Aquarium en 1984 (avec J. Nichet), au CDN d’Aubervilliers en 2001 ; aujourd’hui avec sa compagnie, si justement baptisée « L’entêtement amoureux ».

Note de la rédaction :

Pour tout décor une grande boite-plancher salle à manger et salon puis lit trop grand d’Yvonne puis immense bureau de l’inventeur du pot de chambre militaire. Chaque couple va y vivre l’enfer; le diable est là pour les tourmenter. L’idée rusée de Didier Bezace : le diable apparaît déguisé sous les traits de l’accoucheuse, puis du domestique gaffeur puis enfin du mioche tyrannique. Au milieu de l’anarchie générale et de la difficulté de chacun à défendre ses petites affaires seul le diable semble réussir à tailler sa route. Nous avons déjà vu cent fois ces pièces de Feydeaux. Avec le biais de ce « Quand le diable s’en mêle » notre intuition s’avère : nous nous sommes toujours identifié au fauteur de trouble, au désordre, au diable tant chaque personnage est minable et pitoyable.

Dans « Léonie est en avance », l’accoucheuse réussira à insuffler un peu de loi à une famille atypique plus occupée aux règlements de comptes qu’à l’entreprise obstétrique, pour au final révéler la vérité. Dans « Feu la mère de madame » le valet annonce par erreur (?) la mort de la mère de madame ce qui va déclencher la mise à plat des conflits, des vérités cachées, les combats égoïstes encore. Dans « On purge bébé », un enfant capricieux va ruiner le rendez vous d’affaire de son père, écrasé sous le joug de son hystérique épouse.

Le choix, trouvaille de la proposition, d’un décor simplifié et schématique fait retomber le texte et son exigence sur le seul jeu des comédiens. Ils sont talentueux, hilarants, avec ce zeste dosé de clownerie et de deuxième degré.

C’est très efficace en cela que le public ne cesse de rire. Chaque comédien est impayable. En principal et c’est certainement ici la raison absolue de l’obligation qui nous est faite par l’Aquarium de prendre un ticket pour le voyage en Feydeau de Didier Bezace, le trio cocasse et burlesque du dernier tableau, Clotilde Mollet, Luc Tremblais et Thiery Gibault constituent un immanquable.

QUAND LE DIABLE S’EN MÊLE d’après trois pièces de Georges Feydeau : Léonie est en avance, Feu la mère de Madame et On purge bébé, adaptation et mise en scène Didier Bezace, collaboratrice artistique, son et accessoires Dyssia Loubatière, chorégraphie Cécile Bon, scénographie Jean Haas et Didier Bezace, lumière Dominique Fortin, costumes Cidalia da Costa, maquillage et coiffure Cécile Kretschmar, avec Philippe Bérodot, Thierry Gibault, Jean-Claude Bolle-reddat, Clotilde Mollet, Océane Mozas, Lisa Schuster et Luc Tremblais


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