PIERRE. CISEAUX. PAPIER. Un copié-collé de banalités

22 avril 2016 Par Amelie Blaustein Niddam | 1 commentaire

Laurent Brethome  ( repéré à Impatience 2010) met en scène Pierre. Ciseaux. Papier, le texte insipide de la trentenaire Clemence Weill.

Note de la rédaction :

Nous sommes sur un plateau qui pourrait être une allégorie des émissions idiotes dites « à jugement ». On pense à The Voice face aux lumières rouges qui nous aveuglent et aux fauteuils très confortables, quasiment « œuf », qui vont se retourner. Ils sont trois, Benoît Guibert, Julie Recoing et Thomas Rortais. L’idée sympathique, mais pas très innovante est de dire que les apparences sont trompeuses. L’une ressemble à une fille sur d’elle, lui à un entrepreneur, celui-là à un désinvolte. Le postulat est que juste à regarder quelqu’un on sait déjà beaucoup de lui. Merci.

Pour dire cette banalité, Clemence Weill nous sert un texte d’une heure trente aux phrases tellement entendues qu’elle sont insipides. Elle cherche le rire là où il est introuvable dans une salle comme Jean Tardieu. Gras, bas de gamme. 

Brethome commet la lourde et incompréhensible erreur de faire semblant d’une mise en scène où régnerait l’ épure. Le décor est simple, les comédiens sont assis la plupart du temps, mais, et c’est un tour de force, ils arrivent à gesticuler et à surjouer, sans quitter leur fauteuil. Et leur jeu frise la stand up, ce qui assis, tient du miracle.

Rien ne nous séduit la-dedans, pas même l’intéressante histoire de transmission des traumatismes de la Shoah, l’un des personnages étant fils de rescapé. Mais au moment où la vérité d’un jeu sincère pourrait nous toucher, une ridicule voix off métallique intervient à la façon des applaudissements sur les plateaux de ces émissions à jugement. La boucle est bouclée. Pierre. Ciseaux. Papier ne choisit pas entre le boulevard et le contemporain et, à tout vouloir, à désirer séduire à tout prix à la fois ceux qui aiment le fond et ceux qui aiment la forme, la pièce ne récolte que l’ennui.

A un moment, l’un des personnages s’adresse à nous en disant « Il ne vous inspire rien, c’est déjà quelque chose », alors disons que ce spectacle mis en scène par le pourtant talentueux Laurent Brethome est déjà quelque chose.

Visuel : ©Philippe Bertheau


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