« Parfums d’intimité » inaugure la Comédie Saint Michel

4 novembre 2008 Par marie | 0 commentaires

parfums d\'intimitéIl est toujours risqué de revenir chez son ex, surtout lorsque, plus de sept ans durant, il a été votre maître à penser. Les odeurs risquent alors d’éveiller bien trop de vieilles blessures, de souvenirs et de jalousies. « Parfums d’intimité », une pièce tirée d’un texte du québecois Michel Tremblay, est présentée jusqu’au 30 décembre à la Comédie Saint Michel, une scène tout juste inaugurée.

 

Dans son salon, Jean-Marc (Renato Ribeiro) corrige ses copies. Les fautes sont légion, le tas de feuilles trop épais, le professeur de français n’est pas couché. D’autant que, de manière totalement inopportune, Luc (Laurent Artufel), son ex, vient de débouler. Le jeune beau comédien n’a même pas pris la peine de sonner (après tout c’était chez lui). Il veut que Jean-Marc aille rendre visite à son père, très malade. Luc a tout appris de Jean-Marc, un homme déjà grisonnant : les mots, le théâtre, le fait qu’il avait du talent. 

Sa requête va remuer le passé, faire ressurgir de vieilles odeurs, de vieilles rancœurs… Pourquoi Luc, célibataire, revient-il vers celui qu’il a lui-même quitté, si ce n’est pour retrouver bien plus qu’un ex, un maître sûrement, un père peut-être ? Comment Jean-Marc, qui s’est trouvé un nouveau « disciple », Yves, alias Natacha, le bel éphèbe en tablier dont le comédien n’a de cesse de se moquer, va-t-il réagir ? Réendossera-t-il le rôle du pédagogue compréhensif, la même attitude, qui, le sexe excepté, il adopte avec tous ces étudiants ?

Confidences pour confidences, oscillant du rire aux larmes, les deux hommes vont l’espace d’une soirée, labourer le passé, questionner leurs identités de prof, de comédien, d’amants romantiques ou de bourreaux des cœurs. La conversation n’est pas théâtrale, elle n’est pas toute tendue vers un seule enjeu. Bien au contraire, comme c’est souvent le cas dans la réalité lorsque l’histoire commune est trop chargée, le dialogue s’éparpille au gré des exaspérations et des associations d’idées ; les sentiments et les odeurs sont autant de madeleines de Proust qui la font rebondir, quelquefois s’affadir. Au final, plus que les multiples sujets abordés par les deux personnages (l’homosexualité, la fidélité, la notoriété), c’est, dans ce huis-clos, le problème de la communication qui paraît posé avec le plus d’acuité. Jusqu’où Luc pourra-t-il écouter ? A quel point l’être vénéré pourra-il se déverser ? Plus qu’une histoire d’odeur, Parfums d’intimité est une histoire « d’oreille ». Et de bouche… la preuve : la pièce du Québécois Marcel Tremblay, Les anciennes odeurs, a été écrite en 1979, jouée au Festival d’Avignon en 2007 et vient d’arriver sur Boulevard Saint Michel.

 Ci-dessous, le comédien Renato Ribeiro présentant le spectacle à Avignon :

 

Parfums d’intimité, de Michel Tremblay, mis en scène par Christian Bordeleau, avec Renato Ribeiro et Laurent Artufel, du dim au mardi à 19h45, jusqu’au 30/12, à la Comédie Saint Michel, 95 bd Saint Michel, Paris 5e, RER Luxembourg, Métro Cluny-Sorbonne, réservations au 01 55 42 92 97.

 


LAISSEZ UN COMMENTAIRE VIA FACEBOOK:

comments

Laissez un commentaire: