« NEVER, NEVER, NEVER » de Marie-Christine Mazzola AU THEATRE STUDIO BENEDETTI

29 mars 2017 Par
David Rofé-Sarfati
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Du texte magnifique et essentiel sur le deuil et sur ce qui ne nous quitte jamais, de Dorothée Zumstein l’auteur de Mayday  Marie Christine Mazzola s’est emparé au Théâtre Benedetti d’Alfortville pour une pièce de qualité  qui fait la part belle aux talents des comédiens. 

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Un décor minimaliste, une maison où les meubles se dédoublent, car les histoires vont s’enchâsser. Car les choses se répètent sans cesse. Never never never c’est l’histoire d’Assia. Assia est tombée amoureuse de son voisin alors qu’elle est déjà mariée et que lui aussi est déjà marié à Sylvia Sylvia délaissée par Ted se suicide. Six mois plus tard, Assia s’installe dans la maison du veuf, mais elle aussi se suicidera six ans plus tard, alors que grandissait la célébrité posthume de la première femme. Elle se donnera la mort par le gaz, comme Sylvia.Le génial du texte est de faire rencontrer ces 3 personnes. Par un rite d’occultisme, mais aussi par la rhétorique d’un texte puissant qui recrute l’irrationnel Ted, Sylvia et Assia ne parviennent pas à dormir et vont se parler, s’affronter. Ils vont tenter de régler les comptes, mais Ted le poète maudit est confronté à la limite du verbe ; mais aussi les paroles de chacun ne sont fortes que lorsqu’en même temps elles s’épuisent, car elles s’approchent trop de la vérité des âmes.

Le génial de l’interprétation soutient celui du texte. Les trois comédiens honorent le texte. Sarah Jane Sauvegrain est une Assia épatante.

La pièce est un drame shakespearien; une tragédie grecque. À ce titre elle nous fait traverser par identification l’univers des émotions et des pensées des antagonistes. Nous vivons au travers du jeu des personnages les pires deuils, drames, sentiments de culpabilité, peurs ou dépits amoureux cependant que par procuration. Cette pièce parle de nous. Au final les trois personnages se retrouveront pour un jeu allégorique de la vie. Leur désir de jouer ferme la boucle.

Une pièce de très grande qualité que l’on s’approprie avec bonheur.

Du 11 au 15 avril 2017 à 20h30
à Gare au Théâtre
13, rue Pierre Sémard, 94400 Vitry-sur-Seine
Du 27 mars au 1er avril 2017 à 20h30
au Théâtre-Studio
16 Rue Marcelin Berthelot, 94140 Alfortville

De Dorothée Zumstein
mise en scène Marie Christine Mazzola // avec : Thibault de Montalembert // Sarah Jane Sauvegrain // Tatiana Spivakova.
Scénographie, Sarah Lee Lefèvre // composition musicale Benoit Delbecq //création lumière Pierre Gaillardot //

Crédit Photo : Gaël Ascal

Durée de la pièce :1h30


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