« Moi, Caravage » : un récit épique à la mesure de ce peintre légendaire !

16 janvier 2017 Par
Magali Sautreuil
| 0 commentaires

Le Caravage, ce fameux peintre du XVIIème siècle italien, cet artiste maudit tantôt adulé, tantôt détesté, a mené une vie telle qu’elle méritait bien une pièce de théâtre ! Pour découvrir la destinée tragique de Michelangelo Merisi, dit Il Caravaggio, rendez-vous jusqu’au 12 mars 2017 au Lucernaire !

caravage

Le Caravage naît en 1571, dans la petite bourgade lombarde de Caravaggio.

Éternel insatisfait, cet Italien au sang chaud, doué pour la castagne, décide un jour de mettre à profit cette violence pour mettre sans-dessus-dessous la peinture. Loin de l’art « fade » du Maniérisme fin Renaissance et de l’Académisme classique du XVIIème siècle, le Caravage peint des tableaux bouillonnant de vie, dans une veine naturaliste, empreints de sensualité.

Si ces derniers choquent, c’est souvent parce qu’il trouve ses modèles dans des rues peu fréquentables, y compris pour ses tableaux religieux. Si ces derniers choquent, Caravage n’en est que plus heureux. Artiste provocateur par excellence, il ne peut se satisfaire d’une vie bien rangée. Il a besoin de désordre, de folie et d’aventure pour peindre.

Passionné, cet homme qui se veut sans ascendance ni descendance ne vit que pour sa peinture. C’est à coups de pinceaux qu’il écrit son destin, un destin somme toute assez funeste.

Ces tableaux semblent annoncés le triste sort qui lui est réservé. La souffrance est omniprésente dans ses toiles, qui représentent souvent des scènes de meurtre et de martyre qu’il signe d’un cri muet. C’est d’ailleurs assassiné, sur une plage d’Ostie, entre Naples et Rome, que périra Caravage. Mauvais garçon, cet artiste sulfureux englué dans un processus d’autodestruction ne pouvait terminer autrement. Si son corps n’a jamais été retrouvé, ce n’est pas le cas de ses œuvres. Le mystère qui entoure la vie et la mort du peintre a donné lieu à de nombreux fantasmes, si bien qu’il est difficile de discerner le vrai du faux.

La mort de Caravage marque ainsi le début de sa légende et donc de la pièce. D’outre-tombe, Michelangelo revient sur sa vie passé. Il adresse au public son ultime confession. Son récit est ponctué de quelques chants a cappella psalmodiés par une mezzo-soprano. Ces chants contrastent par leur douceur et leur lenteur avec la violence et la fureur de peindre du Caravage. Dénués de toute instrumentation, on croirait entendre des requiems ou quelques oraisons funèbres. Ils sont là pour rappeler la fatalité qui poursuit le peintre. Ils accompagnent ses errances, tant géographiques qu’artistiques.

Cette destinée tragique nous est contée par Cesare Capitani. Ce comédien franco-italien campe un Caravage plus vrai que nature, dont l’intensité du jeu est renforcée par un décor minimaliste.

Le seul élément notable de ce dernier est la lumière. Celle-ci, tel un metteur en scène, sculpte les corps et les visages des acteurs pour donner vie aux compositions du Caravage. Dans la vie de ce dernier, tout comme dans ses œuvres, tout comme dans la vie de n’importe quel être humain, lumières et ténèbres sont omniprésentes.

Nul n’est ainsi besoin de décors, le ballet des acteurs suffit pour s’imaginer les toiles du maître du clair-obscur. Le fait de mimer ses tableaux offre au public des clés de lecture pour les comprendre, ainsi que leur processus de création.

Plus largement, la pièce aborde en filigrane, sur fond de rivalités franco-espagnoles, la condition des artistes à la Renaissance et au XVIIème siècle, dont le sort dépendait des humeurs et des goûts des mécènes.

Si vous avez quelques lacunes en histoire de l’art, n’ayez crainte ! Si les amateurs d’art auront sûrement plaisir à revoir des tableaux qu’ils connaissent déjà sous un autre angle, les autres auront sans doute envie de les découvrir après avoir vu cette pièce. Ne ratez donc pas cette chance inespérée de pénétrer dans l’intimité de cet artiste maudit qu’est le Caravage.

Caractéristiques :

Titre : « Moi, Caravage ».

Genre : Théâtre contemporain biographique.

De Cesare Capitani, d’après le roman de Dominique Fernandez, « La course à l’abîme ».

Distribution : Cesare Capitani dans le rôle du Caravage et Laëtitia Favart ou Manon Leroy dans ceux de ses amants (entre autres).

Mise en scène : Stanislas Grassian.

Direction d’acteurs : Nita Klein.

Produit par « Comme il vous plaira » et coproduit par la « Compagnie Prisma », avec le soutien de l’institut culturel italien de Paris.

Lieu : Le Lucernaire.

Horaires et dates : Du 11 janvier au 12 mars 2017, du mardi au samedi à 18h30 et le dimanche à 16h. Relâche le lundi.

Langue : Représentations en français du mercredi au dimanche et en italien le mardi.

Durée : 1h15


LAISSEZ UN COMMENTAIRE VIA FACEBOOK:

comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *