« Métamorphoses » de Aurélie Van Den Daele à l’Aquarium

9 mars 2017 Par
David Rofé-Sarfati
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L’an dernier avec Angels in America, pièce sur les années Sida,   Aurélie Van Den Daele, exaltait la faculté d’imagination comme le propre de l’homme. Avec ces Métamorphoses, applaudies à l’Aquarium, Aurélie Van Den Daele poursuit son oeuvre et s’inspire des mythes d’Ovide pour interroger la concurrente intrication du texte et de l’image, où l’image semble avoir pris définitivement le pouvoir.

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Un grand écran dissimile la scène. Le prologue est projeté sur cet écran dans une vidéo psychédélique. Il y aura ainsi un prologue, trois chapitres et un épilogue. Aurélie Van Den Daele nous accompagne dans le texte d’Ovide et nous découvrons le mythre de Phaeton de Eryssichton et de Téree.

Dans une salle des fêtes nous assistons au mariage de Térée et Porgné. Le père de Porgné joue dans l’orchestre du bal. Térée chante pour sa femme, « Et si tu n’existais pas » de Joe Dassin.

Toute la proposition du spectacle tient ici dans cette première scène. Le biais se veut léger et décalé. Cependant lorsque Térée trompera sa femme avec sa sœur Philomèle qu’il séquestrera, Porgné aidée de sa sœur organisera un festin où Téree mangera sans le savoir son propre fils découpé en morceaux. Jamais une vengeance depuis Médée n’aura été aussi cruelle.
Aussi au deuxième chapitre l’adolescent Phaeton mourra foudroyé en tentant de rejoindre en habit de cosmonaute son père Hélios, le soleil. Ainsi encore au troisième volet, Erisichton artiste contemporain à l’appétit insatiable clôturera son installation de natures mortes lors du vernissage de son exposition en dévorant son propre corps.

L’ensemble est rock and roll, hallucinatoire et privilégie de façon radicale le flagrant et le manifeste au discours et au texte. Comme dans un rêve. Et c’est là que Aurélie Van Den Daele fait oeuvre dans cette exploration des images, des sensations visuelles; et la musique vient remplacer le texte souvent projeté sur le mur fond de scène; et le spectateur reçoit sans comprendre. Souvent l’artiste a un inconscient à ciel ouvert.  L’ensemble est ainsi délirant mais déroutant car il parle directement à nos inconscients et nous impose de ne rien juger de la forme. Plus fort qu’Angels, les Métamorphoses de Van Den Daele, en particulier le premier tableau, il est le plus réussi, est une merveille d’audace dramatique et d’irréalisme onirique.

Les comédiens soutiennent la force de cette curieuse proposition souvent éblouissante et parfois bluffante.

Pièce digne de notre intérêt.

mise en scène Aurélie Van Den Daele assistée de Julie Le Lagadec, dispositif scénique et technologique collectif INVIVO (lumière, vidéo, scénographie, son) Julien Dubuc – Chloé Dumas – Grégoire Durrande, dramaturgie Sidney Ali Mehelleb, costumes Elisabeth Cerqueira
avec Alexandre Le Nours et Mara Bijeljac (comédiens), Christophe Rodomisto (guitare) et Tatiana Mladenovitch (batterie)

 


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