« Ma Folle Otarie » au Belleville

12 juin 2016 Par David Rofé-Sarfati | 1 commentaire

Ma Folle Otarie raconte l’épopée d’un homme transparent qui n’a jamais rien vécu et qui, du jour au lendemain, va voir ses fesses tripler de volume. Il fuit le monde jusqu’à trouver refuge auprès d’une otarie qui sera la clef de tous ses mystères. C’est la transformation d’un type au quotidien tiède et mou en une créature qui attire tous les regards et les railleries, le destin d’un humain à l’envie monstre de devenir quelqu’un et de vivre peut-être enfin quelque chose.

On doit à Pierre Notte des pièces riches et contributives. Ses textes ont été traduits et présentées en France, en Allemagne, en Angleterre en Italie en Grèce en Autriche en Bulgarie au Japon aux Etats Unis, au Liban et en Russie. Rappelons, « L’effort du spectateur », « Moi aussi, je suis Catherine Deneuve« , « C’est Noel tant pis » ou « Demain dès l’aube ». 

Ou Perdues dans Stockholm. Dès l’ouverture de la pièce ‘Perdues dans Stockholm’ un jeune homme (Brice Hillairet) se mettait nu, se travestissait en femme en enfilant une petite robe verte et était propulsé dans une suite de malheurs et de déconvenues aussi drôles que touchantes. Le texte, les chansons, la mise en scène et les comédiens étaient sous tension.
Avec « Ma folie Otarie » Pierre Notte poursuit son œuvre. Brice Hillairet, encore car il est un immense acteur, un interprète précieux épais d’un talent à frapper fort nos imaginaires, se déshabille, enfile cette fois les vêtements d’un homme ordinaire simple commun, banal. Confronté à un fessier qui ne cesse de grossir, il vivra des péripéties drôles et touchantes, encore et sera obligé à se confronter aux autres puis lentement à lui-même. Son infirmité galopante, à la faveur d’une rencontre avec une otarie, va le contraindre à se penser.
Au théâtre, le petit n’est pas l’ennemi du grand. Un grand beau texte court, puissant, poétique, drôle, à la fois kafkaïen et surréaliste, joué sur une scène rendue grande par le vide et le noir qui y règnent , soutenu par un grand jeune acteur au corps délicat qui incarne le texte et son personnage et qui par son jeu inspiré parvient à nous faire voir et vivre toutes ses aventures tragi-comiques de l’histoire de cette métamorphose nous auront fait comprendre l’incantation de la voix off du début du spectacle : c’est nous spectateurs qui travaillons, car malgré nous nos imaginaires en ébullition élaborent une nouveauté intime qui dépasse le seul texte et sa seule interpretation. Nous découvrons comment les individus se constituent en homme libre. Après Victor Hugo et son Quasimodo ou son Gwynplaine, après Kafka et son Gregor Samsa de « La Métamorphose », Pierre Notte nous offre ce cadeau de penser autrement. Brice Hillairet vient l’assister dans son vertueux travail créatif.
A ne pas rater, et à suivre.

Crédit Photos © Hennette

Texte et mise en scène Pierre Notte

Interprétation Brice Hillairet

Création lumière Aron Olah

Musique Pierre Notte

Arrangements Paul-Marie Barbier


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