[Live Report Chalon Dans La Rue] « Tria Fata », chef-d’oeuvre de marionnettes, sombre et burlesque

24 juillet 2016 Par Mathieu Dochtermann | 0 commentaires

C’est du « OFF du OFF » qu’est venue la surprise: coup de coeur de TLC pour cette édition de Chalon Dans La Rue, Tria Fata, de la Cie La Pendue, petit bijou de marionnettes avec un accompagnement musical fantastique. Tendre, burlesque, profond, puissant: à ne pas rater!

Tria Fata, c’est le spectacle qui affiche complet depuis le début du festival alors qu’il n’est même pas dans la programmation du Off: en vain le chercherait-on sur le site internet ou dans le journal… le bouche-à-oreille a fait son office, ainsi qu’une très belle affiche placardée aux quatre coins de la ville. Fruit du travail de la Compagnie La Pendue, collaboration entre Estelle Charlier, une marionnettiste de grand talent, et Martin Kaspar Läuchliun, homme-orchestre surprenant d’agilité, c’est un spectacle très complet, qui ne se laisse pas enfermer dans une technique – on peut saluer l’extrême versatilité des deux artistes – mais fait feu de tout bois pour restituer avec justesse et puissance l’atmosphère subtile instillée par son spectacle. Sans vouloir trop en dévoiler, la Mort en est peut-être le personnage principal… à moins que ce ne soit la naissance… ou la Vie elle-même…? La Mort en tous cas ouvre et ferme le spectacle, pas la Mort sinistre et froide, mais une Mort burlesque, qui prend ses racines dans une tradition populaire qui a pris le parti d’en rire pour la relativiser… ce qui ne repousse en rien la certitude de l’inéluctable. Mais évidemment, réduire le spectacle à ce seul aspect ne serait pas lui rendre justice, et les autres protagonistes de l’intrigue viennent chacun apporter leur contrepoint en une succession de tableaux captivants, tant il est vrai que chaque vie vaut la peine d’être contée. En tous cas, la narration est sensible et fine, la beauté plastique des marionnettes ne le dispute qu’à la virtuosité de l’accompagnement musical, et le public, qui ne s’y trompe pas, se lève depuis trois jours pour un standing-ovation.

A voir tous les jours à 12h15 et à 19h dans la salle de la Petite Tuerie aux Abattoirs.

Avec Estelle Charlier et Martin Kaspar Läuchli
Direction artistique Estelle Charlier
Mise en scène Romuald Collinet
Collaboration à la mise en scène Pavlina Vimmrova
Musique Martin Kaspar Läuchli
Texte et regard Romaric Sangars
Création lumière et Régie générale Anthony Lopez
Marionnettes et scénographie Estelle Charlier et Romuald Collinet
Régie Anthony Lopez ou Andi Luchsinger

Production Théâtre de l’Homme Ridicule
Soutien: Conseil Général de l’Isère, SPEDIDAM, Ville de Winterthur Suisse, Théâtre du Temple de Saillans.
La BatYsse et l’Espace Culturel La Buire à L’Horme, les Ateliers de Couture de la Ville de Grenoble.

Visuels: (C) Cie La Pendue


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