« Life : Reset » , Fabrice Murgia met en scène les paradis virtuels

11 juillet 2011 Par
Amelie Blaustein Niddam
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Il avait gagné le prix du festival d’Impatience et fait un carton à Avignon 2010 avec Le Chagrin des Ogres. Fabrice Murgia revient, meilleur encore avec sa nouvelle création, Life : reset, chronique d’une ville épuisée, il continue d’explorer son chemin de prédilection: l’enfermement virtuel. Magistral.
Le jeune homme a même pas trente ans, c’est énervant. Il a surtout  le goût de bien faire démarrer ses pièces. Comme un coup de tonnerre, la salle se plonge dans le noir et sur un immense écran défilent des images de voitures sur des grandes voies. Derrière l’écran se profile une chambre, puis une cuisine, une salle de bain… Décor dingue!
Dans un environnement lissé , où la jeune femme est rangée, propre, faisant son lit et sa vaisselle sans cesse, le glauque et la perversité font leur entrée par le biais d’un ordinateur rouge. Le spectateur comprend alors qu’il est l’intérieur de l’écran de  l’autre côté du miroir.
Comme dans tout conte de fée, il y a une princesse et un prince, virtuels, il y a une robe pour aller au bal, mais le bal est un karaoké… virtuel.
Du virtuel nait un réel terrifiant, celui de l’enfermement de la jeune femme, superbe Olivia Carrère. La socialisation ne vient pour elle que par des chat avec un homme-lapin. Pourtant, elle n’est pas folle, elle sort, travaille, mais ne parle à personne sauf à son mec en ligne.
Si le sujet n’est pas neuf, il est ici porté admirablement à la scène grâce à un procédé technique formidable de vidéo subjective. L’écran nous regarde, pas elle. Les avatars prennent vie uniquement sur cet immense calque.
Dans ce spectacle le filtre entre le public et le plateau prend une force rare , elle est loin trop loin, deja dans un autre monde, perdue.
Il y a du Pommerat dans cela, il y a surtout ce que l’on espérait si fort l’année dernière: Le Chagrins des Ogres était annonciateur de deux possibilités, soit un coup d’essai, soit la mise au monde d’un nouveau génie du théâtre.
Fabrice Murgia n’est plus une découverte, il est l’un des metteurs en scène les plus brillants de sa génération. Bienvenue dans la cour des grands!

Informations Pratiques


A partir du 9 juillet jusqu'au 28 juillet ( Relâche le 18)

Lieu: Théâtre de la Manufacture, 2 rue des écoles, Avignon

Horaire:
10H45

Contact: 0490851271

6 à 17€, durée : 1h30 Reprise : Créteil : du 15 au 17 mars à la MAC de Créteil dans le cadre du Festival Exit