« L’homme unique », miroir de notre monde et de nous-mêmes

13 octobre 2018 Par
Magali Sautreuil
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« L’homme unique » n’est point seul en son genre… il est plutôt universel ! Écrit et interprété par Germán de Diego, avec beaucoup d’humour, ce seul en scène nous invite à mieux nous connaître à travers le regard de Gabriel.

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Un homme d’1m72, plutôt mince, se prénommant Gabriel, recherche le bonheur et la paix intérieure. Un dessein louable et universel, mais qui n’est guère aisé à réaliser, surtout quand on connaît l’histoire de notre petit ange…

Il faut dire qu’il n’est pas né sous les meilleurs auspices. Fruit de l’amour, il n’eut pas le loisir de connaître ses deux parents, Roméo et Juliette, morts d’une overdose à sa naissance… Mais avec un nom pareil, on pouvait se douter que leur histoire d’amour finirait mal…

Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que ce fils de la tragédie souhaite contrecarrer le sort pour vivre enfin heureux et en paix. Ce désir a probablement été nourri par les moments passés au couvent, auprès de sœur Madeleine, sa tutrice. Sa fraîcheur et sa spontanéité ne pouvaient que l’amener à aspirer à autre chose que cette « vie de merde ».

Pour ce faire, Gabriel s’apprête à livrer la TGG, la Très Grande Guerre, la plus importante de toutes : celle que l’on se livre à nous-mêmes. C’est ainsi que débute son voyage intérieur. Au cours de celui-ci, nous ferons connaissance avec différentes facettes de son histoire et de sa personnalité.

Si le comédien est seul en scène, il nous est cependant facile de distinguer les différents protagonistes. Chacun d’entre eux a en effet une histoire personnelle, un costume différent, son propre langage et une musicalité particulière. Chacun d’entre eux aspire à quelque chose d’autre, mais se trouve tiraillé par le doute, ce qui les empêche d’aller de l’avant. Certains sont empêtrés dans la réalité de leur quotidien, tandis que d’autres se rêvent en super-héros ou espèrent retrouver les feux de la rampe ! Chacun d’entre eux renvoie à des questions que se pose Gabriel : Est-ce si compliqué de vivre ? Peut-on s’aimer sans se détruire ? Pourquoi se fait-on du mal, alors que la vie est si courte ? Est-ce que l’on peut s’affranchir de son histoire personnelle et prendre son destin en main ? La scène finale nous suggère que oui, on peut aller de l’avant, sans pour autant se couper de ses racines, mais c’est un long cheminement.

Ce dernier n’a rien de linéaire. Comme toute introspection, il est fait de pensées qui jaillissent, s’imposent à lui et s’incarnent. Cela donne parfois à ce seul en scène un aspect décousu, mais on comprend à la fin que tous les personnages ont leur raison d’être et que sans eux, Gabriel ne serait pas.

Si seulement on pouvait accepter que dans la vie, on n’est jamais prêt et que l’on a donc pas besoin d’attendre le bon moment pour se lancer.

Témoins physiques et émotionnels de sa vie, nous le voyons évoluer sur scène, remontant le fil de sa vie et de ses pensées. Il nous emmène dans son univers, à la fois réaliste et fantastique, où humour, musique et danse sont omniprésents. Il ne nous reste plus qu’à entrer dans la danse pour ne par perdre le fil de son histoire.

L’homme unique, de et avec Germán de Diego, mise en scène de Marieva Jaime-Cortez, les jeudis à 21 heures, du 4 octobre au 29 novembre 2018, à la Comédie Nation, à Paris. Durée : 1 heure 15.

visuel : affiche