« Les Peintres au charbon » au Théâtre 13 / Seine.

19 mai 2017 Par
David Rofé-Sarfati
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Dans les années 30 en Angleterre, un groupe de mineurs suit des cours d’histoire de l’art. Abandonnant bien vite la théorie pour la pratique, ils voient leurs travaux remarqués par une riche collectionneuse. Lee Hall, scénariste du film Billy Elliot, raconte cette improbable – mais authentique! – découverte du monde de l’art par des autodidactes dont il dresse des portraits touchants, inattendus et drôles.

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Au son métallique des grincements assourdissants de machines invisibles, et à renfort de fumées, nous, les spectateurs pratiquons un tunnel pour atteindre le cœur d’un sous-sol sombre et poussiéreux, dans les entrailles d’une terre noire. Le décor est jeté, C’est la mine.

Un groupe de mineurs se réunit dans une cabane (au centre d’un dispositif bi-frontal). Ces travailleurs, ces damnés cependant que cheville ouvrière de l’industrie triomphante du début du 20 éme siècle décident , encouragés par leur syndicat de suivre des cours afin de s’ouvrir au monde. A la suite d’un malentendu ils suivront des cours d’art, de sensibilisation par la pratique auprès de Monsieur Lyon fringuant et rigide professeur d’art plastique.

La rencontre de ces deux mondes sera l’occasion de péripéties amusantes et ouvrira à l’espoir optimiste et un peu naïf d’un universel de la curiosité et du savoir. La télé-réalité et les hologrammes n’existent pas encore.

On se laisse attrapé par cette histoire vraie et on fait ce voyage dans le temps avec ces gueules noires devenus peintres.  La pièce souffre des différences de puissance de jeu entre les comédiens ; le complaisant et convenu réquisitoire contre les clichés ressemble lui même à un cliché. Il n’empêche. La mise en scène sobre et l’engagement des comédiens sauvent l’édifice  Solal Forte et  Emmanuel Rehbinder, excitent nos imaginaires.

Au fond, puisque le discours politique est tombé en désuétude  c’est nous qui avons pris un bien instructif cours d’histoire, sans peine.