Les Gourmands disent, un seul en scène littéraire pour spectateurs gourmets

23 mai 2016 Par Romeo Fratti | 0 commentaires

Image pour l'article sur Les Gourmands disentVictor Hugo, Jean de La Fontaine et Edmond Rostand n’auraient même pas fait valoir leur qualité de poètes pour réclamer un billet à tarif réduit, tant ce petit grand hommage à la littérature sublime leurs textes. À tous les coups ils se seraient même lancés dans une standing ovation ; et ce n’est pas Victor Hugo, qui a connu la bataille d’Hernani qui se serait dégonflé.

Ce stand-up littéraire – Molière ferait mieux que Jamel Debbouze – met en scène un père à la recherche de textes-phares de la littérature à envoyer à son fils, nostalgique de la langue française, parti étudier aux États-Unis. L’intrigue donne déjà envie d’être père, ce spectacle est donc bon pour la croissance démographique. Voilà un premier motif pour aller le voir. Mais ne négligeons pas les autres raisons.

Paul Valéry a dit que « Longtemps, longtemps, la voix humaine fut base et condition de la littérature. La présence de la voix explique la littérature (…) » ; la voix de Mickaël Delin montre à quel point Valéry avait tout compris, sans même avoir free. Le comédien se contente – excusez du peu – d’être free dans sa tête pour dire ces beaux moments de la littérature française avec juste ce qu’il faut d’émotion. Le phrasé de cet ancien élève de Jean-Laurent Cochet est posé et module les intonations dans le strict respect des intentions des textes, sans les poétifier davantage. La profondeur du regard et le surcroît de conscience du corps achèvent de toucher le public. Le choix de cette diction maîtrisée témoigne, chez Mickaël Delin, d’une aisance et d’une humilité dont beaucoup d’acteurs devraient s’inspirer. La beauté offerte par ces gourmandises littéraires est toujours très discrète et distillée avec parcimonie ; les plus gourmets des spectateurs ne seront pas les seuls à devenir friands de littérature.

Roméo Fratti

@RomeoRNF

Entretien avec Mickaël Delin :

1) Êtes-vous plutôt Fabrice Luchini ou Gérard Depardieu ? Pourquoi ?

Je suis instinctif comme Depardieu, car l’instinct et la générosité sont des élément importants pour moi. Puis il y a Lucchini car j’adore sa folie douce, ce qui donne un mélange détonnant.

2) Jouez-vous « à la française » ou à l’anglo-saxonne » ?
Je suis un mélange d’actor studio et de Jean-Laurent Cochet, donc un mélange des deux genres.
3) Comment être classique au théâtre aujourd’hui ?
Je ne veux pas être classique. Je veux être authentique, c’est ce à quoi j’aspire : le « jouer-vrai ».
4) Comment tissez-vous votre complicité avec le public ?
En leur parlant de choses qui les touchent, en partageant des anecdotes de vie, en les faisant rire, en leur donnant des émotions, car je joue « coeur à coeur ».
Entretien avec Elza Pontonnier (metteur en scène des Gourmands disent actuellement au Festival d’Avignon, puis à partir de septembre; plus d’informations sur http://www.comlelievre.com/spectacle/les-gourmands-disent-de-et-avec-mickael-delin/) :
1) Quelles sont vos références en matière de mise en scène ?
Azzopardi. Guillaume Galienne. Ken Loach. Le fim Bird Man. Alejandro Gonzalez Inarritu.
2) Qu’est-ce qui, selon vous, intéresse le plus un public aujourd’hui dans une mis en scène ?
Le rythme, l’énergie, l’action et la situation. La symbiose entre le comédien et son public. Les nuances d’émotions et de sensations.
3) Comment mettre en scène la littérature ?
Je ne mets pas en scène la littérature. Je mets en scène une histoire, un comédien, un spectacle. L’idée dans ce spectacle, c’était de valoriser des textes littéraires en les descendant de leur piédestal pour les rendre accessibles à tout le monde. Les textes étant apprivoisés par Mickaël Delin, il était facile de jouer autour d’eux.
Propos recueillis par Roméo Fratti

 


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