« Les gens d’Oz » de Yana Borissova

8 mars 2016 Par David Rofé-Sarfati | 1 commentaire

Les gens d’Oz vivent dans un immeuble étrange, presque vivant, qui “regarde et observe ses occupants”. Au centre d’une intrigue quasi-inexistante une écrivaine célèbre a cessé d’écrire. Autour gravitent un pianiste un peu marginal, un rentier oisif, une jeune femme qui rêve de rencontrer la star de la littérature et un amoureux.

La pièce est construite autour de conversations désordonnées et fragmentaires. Chacun est saisi et l’ensemble des spectateurs sera cet immeuble qui regarde écoute et que les personnages scruteront parfois. Le texte n’est pas à proprement parlé incarné; il y a plutôt une osmose réussie entre les comédiens et ce texte très littéraire. Le décor, les spectateurs et les intermèdes musicaux finissent de construire ce dispositif où le texte semble en résonance avec lui. Le jeu réaliste des acteurs est efficace; Edwige Baily surjoue légèrement pour défendre sa proposition d’une femme encore jeune, encore business woman, encore hystérique, encore dans une séduction et une ambition infantile. Les autres personnages, l’écrivaine en particulier défendue avec brio par une très juste Bérangere Bonvoisin, se laissent traverser par le texte qui est une interrogation sans fin sur l’amour, sur ce qui consume, sur le quant-à-soi et sur la passion amoureuse. Sur nos peurs de l’isolement et de l’engagement. Le discours affleure sans cesse le philosophique, chaque conversation fait son oeuvre de maïeutique. L’absence d’intrigue oblige le spectateur à adopter une écoute flottante. Il sera alors traversé par l’esprit du texte au sein d’une pièce qu’il faut voir au moins pour cette raison de l’unique. Yana Borissova qui a gagné en 2007 le prix du concours des nouvelles dramaturgies à Sofia (Bulgarie), présente ici un travail radicalement innovant. Il y a une joie qui parcourt cette aventure. On en ressort plus jeune. A ne pas rater

Photo © Elisabeth Carecchio + Affiche

Les Gens d’Oz
de Yana Borissova
traduction du bulgare
Galin Stoev et Sacha Carlson
mise en scène Galin Stoev
artiste associé

avec Edwige Baily, Yoann Blanc, Bérangère Bonvoisin, Vincent Minne, Tristan Schotte
scénographie Alban Ho Van costumes Sandra Brisy musique Sacha Carlson lumière et vidéo Elsa Revol assistant à la mise en scène François Bertrand


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  1. Ping : les gens d'Oz, la mer et notre crâne comme accessoire

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