« Les élans ne sont pas toujours des animaux faciles » au Lucernaire

30 août 2016 Par David Rofé-Sarfati | 0 commentaires

Étrangeté dramatico-musicale hilarante où trois hommes tirés à quatre épingles et le verre à la main, jouent, chantent et conversent de tout et de rien. Les Élans sont à découvrir au Lucernaire. 

Sortie du théâtre de l’absurde, la pièce mérite mieux qu’une critique qui de chercher à  la décrire ne parviendra qu’à la dénaturer, voire pire : à l’offenser. Entre Becket et Ionesco mais sans la mélancolie. L’argument tient en une géographie, un lieu inédit dans lequel tout se passe, c’est à dire rien car la pièce est sans intrigue. Et  ceci se passe entre le monde des vivants et le monde des morts, car là tout peut advenir, tout peut être dit, tout peut être imaginé. Ce lieu est cet endroit magique entre le réel et l’imaginaire, le raisonnable et le merveilleux, un lieu hors temps où les personnages ont pris le parti, libérés de l’horloge d’aimer la vie, le whisky, le rock and roll et les palabres entre amis.

La joie émerveillée de vivre des personnages est magnifiquement incarnée par, nommons les pour les remercier, Emmanuel Quatra, un comédien-chanteur réaliste mais intemporel dont le talent et l’épaisseur de la présence parviennent à nous faire adhérer à tout, Pascal Neyron qui après quelques minutes de chauffe sauve son personnage écrasé par celui de Quatra, et Benoit Urbain parfait, d’une grande rigueur de jeu qui enveloppe la proposition. Grâce à eux et malgré le non-sens radical du spectacle, nous nous laissons saisir sans résistance.

Une heure et vingt minutes de bonheur dont il ne faut pas se priver.

Crédit Photos© Franck Harscouët

Auteurs : Frédéric Rose et Vincent Jaspard.
Artistes : Pascal Neyron ou Laurent Prache, Emmanuel Quatra, Benoît Urbain.
Metteur en scène : Laurent Serrano.


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