« Le système pour devenir invisible » de Guillermo Pisani

26 février 2016 Par David Rofé-Sarfati | 0 commentaires

Créée en 2015 au Centre National de Théâtre de Normandie, la pièce est présentée jusqu’au 28 février au théâtre de Belleville.

Une jeune Française rencontre à Berlin un jeune Allemand avec qui elle va finir la nuit. Durant cette nuit, ils vont coucher ensemble et elle envisagera de tout laisser derrière elle de sa vie, son mari et son enfant. On croirait à une histoire d’amour sauf que la femme a séduit l’allemand pour lui voler son système d’invisibilité. Elle appartient à un groupe d’activistes. Elle finira par essayer de l’empoissonner. L’homme lui même n’est pas ce qu’il prétend être et il en sait bien plus sous sa naïveté feinte.Tout le monde ment et le mensonge n’est pas toujours le même. La traduction simultanée sur plusieurs écrans des répliques en allemand ou en français ajoute à la désincarnation des paroles des personnages; on en oublierait qui parle.

Extraits : Seul celui qui change peut rester fidèle à lui même…On est continuellement observés? non! enfin par un logiciel …Même les choses qui paraissent impossibles deviennent possibles grâce à la foi.

Le sujet de la pièce est la question de la vérité qui ne nous soutient que si, solide elle reste stable. L’amour, la politique, l’utopie elle même ne tiennent pas sans cette vérité qui est se refuse. Un homme en tue un autre. Son geste semble irréel car il n’appartient à aucune vérité manifeste. On ne sait s’il s’agit d’un meurtre, d’un assassinat, d’un attentat ou d’un acting d’un dépit amoureux. Sans une vérité, l’affect se retire, la pensée avec lui.

La pièce on l’aura compris, est sinistre. Elle dessine le tableau clinique de notre société que Guillormo Pisani pense cacochyme. Tout semble ridicule de l’utopie sociale et politique aux identifications aux vedettes de la pop musique. Les caméras sont partout à épier les ébats amoureux ou les comportements suspects. L’amour est faux. Le porno est le dernier survivant essoufflé et pathétique de la provocation  et le religieux tente maladroitement de boucher les manques.

Une pièce étrange à la scénographie étonnante où l’espoir se noie dans une balade vaine chantant Che Guevara ou dans une Nina Hagen kitch. Une pièce à aller voir pour se faire son propre avis.

Crédit photos ©DR + Affiche

Texte et mise en scène Guillermo Pisani
Collaboration artistique Adrien Béal
Assistante mise en scène et traduction allemande
Annika Weber

Avec Caroline Arrouas, Clément Clavel, Guillaume Fafiotte, Robert Hatisi, Julie Lesgages, Anna Rot


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