« Le Prince travesti » de Daniel Mesguich, Very good trip

20 mars 2016 Par David Rofé-Sarfati | 0 commentaires

Le Prince Travesti repose sur un faux semblant : Le prince de Léon se fait passer pour un aventurier (Lélio) afin d’explorer le monde, découvrir la nature humaine et trouver sa future épouse.

Note de la rédaction :

Une princesse est amoureuse. Elle demande à Hortense son amie de dire pour elle à un homme qu’elle l’aime.  Mais celle ci découvre que l’homme en question lui a sauvé la vie quelques temps plus tôt. elle lui dit pour elle qu’elle l’aime. Le galant se révèle être  un prince.

Un prince qui cache sa véritable identité,  voilà l’intrigue et voila sa noirceur.

La pièce parle de théâtre car elle s’occupe de faux semblants. Le décor est magique. Les rangées de miroirs ne reflètent rien, les costumes sont irréels, les comédiens scandent leurs textes sans que nous sachions s’ils nous mentent ou pas. Sans que nous sachions d’où cela parle. Sauf Arlequin l’innocent, tout à son authenticité et à ses besoins d’argent. Les gestes sont légérement dansés ajoutant à la déréalisation.

Du coup, le texte de Marivaux, et quel texte, est magnifié. La pièce finit sur une mise en abîme où la princesse vient renverser, dégonfler le personnage de Frédéric, dans une théâtre de poupées.

Sarah Mesguich géniale princesse est dirigée par son père; belle. Dans une scène aérienne elle clame l’injonction de la pièce : joue ton rôle!. Nous sommes bien au théâtre, celui qui parle de l’autre scène de nos existences (et de nos inconscients) et de nos discours qui font toujours semblant. Sterenn Guirieic (Hortense) par son talent réussit la confrontation avec Sarah Mesguich. Fabrice Lotou est un prince amoureux attachant. Alexandre Levasseur réussit à pousser la proposition d’un Arlequin fragile et humain au milieu de cette engeance sombre. Rebecca Stella est une Lisette vivante. Alexis Consolota un ambassadeur crédible.

Et puis il y a William Mesguich. Il est le héros de la pièce par un vol commis par son talent. Ce comédien est inquiétant; il semble combattre le texte jusqu’à sa mise à mort.  D’où parle-t-il lorsqu’il intrigue ici comme il le fit dans Hamlet ou qu’il tousse comme il toussa en Pascal dans « L’entretien de M.Descartes avec Pascal Le Jeune ». Il parle à partir d’un endroit vide, d’une vacuité. A l’instar d’un fou. Il se permet tout, de surjouer, de changer d’octave ou de se féminiser. Tout passe. Ce William est un génie du théâtre.

Cette pièce est un « very good trip » fantastique que l’on quitte à regret.

Mise en scène

Daniel Mesguich
Avec
Sarah Mesguich (La Princesse)
Fabrice Lotou (Lélio)
Sterenn Guirriec (Hortense)
William Mesguich (Frédéric)
Alexandre Levasseur (Arlequin)
Rebecca Stella (Lisette)
Alexis Consolato (L’Ambassadeur)
Costumes
Dominique Louis
Scénographie Camille Ansquer
Son Franck Berthoux
Maquillage Eva Bouillaut
Régie générale Eric Pelladeau
Régie son Xavier Launois


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