Incendies au Théâtre de la Colline

21 octobre 2008 Par loic | 0 commentaires

Stanislas Nordey présente Incendies de Wajdi Mouawad au théâtre de la Colline jusqu’au 2 Novembre. Basé sur un véritable « théâtre de la parole », les personnages nous entraînent avec beaucoup de simplicité dans leur histoire, voire même dans l’Histoire, qui prend des allures de mythe.

Les mots nous atteignent physiquement, dans une clarté impressionnante et agréable. Le début de la pièce nous montre vite que le jeu se basera principalement sur la diction (le débit de parole est très rapide), et un jeu d‘adresse. La scénographie peut faire penser à celle des Pièces de Guerre mise en scène par Alain Françon : un grand espace vide et fermé par des murs gris. Cette entrée en matière peut faire peur lorsqu’on sait que la pièce dure 3h20 (avec une pause de 10 minutes), mais l’écriture, poétique, bien que l‘auteur ne le revendique pas, est telle qu’on se laisse immédiatement embarquer dans l’histoire.

Suite au décès de leur mère, deux enfants partent à la recherche de leur origine, de leur famille : ils sont lancés dans le souvenir d’une guerre sanglante et découvrent une toute autre vérité sur leur histoire et celle de leur mère. La force du spectacle est de nous faire passer d’un endroit à un autre, d’un couloir d’hôpital à une prison, en passant par une salle de boxe et un cimetière, en utilisant la simple force des mots. Les espaces se superposent, les vivants et les morts se côtoient, les époques se mélangent et c’est dans cet enchevêtrement que se cachent la vérité et le sens de toute une vie. Malgré la très grande scène, les acteurs, éclairés par une lumière très forte, jouent constamment sur le bord du plateau, voire au premier rang ; ainsi la vérité se dévoile devant nous, sans aucun artifice, nue et cruelle. Cependant, les acteurs nous laissent le bonheur immense, suite à une démonstration mathématique, de découvrir cette vérité sans jamais la dire. La frénésie et l’énergie du début du spectacle laissent place au mystère, à l’émotion, au silence sans jamais tomber dans le pathos. La salle se remplit d’une tension, d’une attention qui saisit le spectateur physiquement (on maudit alors le téléphone portable qui sonne !). On ressort de la salle, heureux d’avoir été captivé durant les 3h20, tout étourdi par le silence qui se faisait de plus en plus intense.Incendies, texte de Wajdi Mouwad. Mise en scène de Stanislas Nordey.
au Théâtre de la Colline jusqu’au 2 novembre.
15, Rue Malte Brun, 20°.
01 44 62 52 52

 


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