[FESTIVAL SPOT] Quand le Paris-Villette invite à un orgasme collectif

26 mai 2016 Par Araso | 0 commentaires

Clôture ce soir de la troisième édition du fabuleux festival SPOT au Théâtre Paris-Villette, qui parle de sexe sans complexe, avec humour et une verve franche. Après l’extraordinaire et inclassable déclaration de désir de Thibaud Croisy à Fleur Pellerin, ce soir comme hier se donnera « La Fonction de l’Orgasme » interprété par la surdouée Constance Larrieu et ses deux acolytes de la Compagnie Jabberwock. Une heure quinze de réflexion et de mise en situation autour de la jouissance: ultra-sérieux, très documenté et désopilant. 

Note de la rédaction :

Tout commence par un écrit « La Fonction de l’Orgasme », un pavé de 300 pages à la forme pas franchement fantaisiste du psychanalyste Whilhem Reich. On est loin du roman de gare qui s’arrache à chaque point relay et pourtant, voilà un ouvrage qui devrait être mis entre toutes les mains. Car oui, premier constat, l’orgasme, cette « Cendrillon des Sciences Naturelles » a bel et bien une fonction et serait même le meilleur préventif des maladies physiques comme psychiques. Le corps, l’esprit, la posture sociale, tout est lié et tourne autour de cet abandon au profit de vibrations incontrôlées qu’est l’orgasme, si mal connu, si mal compris qui fait son apparition socialement (seulement!!) en 1611 en tant paroxyme de l’hystérie féminine. C’est dire…

Flanquée de Didier Girauldon et Jonathan Michel, Constance Larrieu est l’instigratrice de ce projet de recherche scientifico-théâtral humoristique qu’elle livre au public sous forme d’un one-woman show dans la peau d’une conférencière. Très en empathie avec son public, elle le promène dans les coulisses de ses recherches, ses interviews avec des professionnels de la profession -dont un gigolo émérite, projetées en video pendant le spectacle. On la voit notamment en mode gonzo se questionner, s’enthousiasmer et douter sur le long chemin qui mène au gai savoir de la jouissance. Elle donne de sa personne, bouge, danse, se fait cobaye, s’agite, se trémousse en body couleur chair façon Madonna en plein jazz rock et se met en situation sans jamais tomber dans le piège du facile ou du grotesque.

A l’exception du monologue bateau de la fin sur fond de lumière rouge et de bâton de guerrière jedi-improbable en effet, le tout est excellemment mené, Constance Larrieu est d’une intelligence folle, elle va vite, vole sur les mots, sait créer, écrire, jouer la comédie, bref, on est complètement amoureux d’elle et de son minois désuet. A la fin du spectacle, on a ri à gorge déployée et on sort infiniment plus heureux et instruits. Que demander de plus?

Visuel ©  Théâtre Paris-Villette


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