[Festival d'Avignon] Le petit soir rafraîchissant du Raoul Collectif

21 juillet 2016 Par Amelie Blaustein Niddam | 0 commentaires

En 2012, le Raoul Collectif gagne le prix du Festival créé par l’actuel directeur du Festival d’Avignon, Impatience. Le spectacle intitulé « Le signal du promeneur«  était imparfait mais témoignait de moments géniaux. Quatre ans après, ils sont programmés au Cloître des Carmes avec « Rumeur et petits jours ». Réjouissant car drôle, mais sur le fond, une vacuité peu acceptable.

Note de la rédaction :

Le Raoul Collectif est bientôt au complet, assis à la table à la façon des Chiens de Navarre. On retrouve là Romain David, Jérôme de Falloise, David Murgia, Benoît Piret et Jean-Baptiste Szézot qui campent des Jules ou des Jean-Michel qui sont autant de répliques des icônes intellectuelles populaires des années 70. On imagine bien Polack et Chancel assis là, en pull vert à col montant, balançant le générique de la dernière d‘Epitaphe une émission de radio foutraque aux sujets improbables.

Alors, ils ont la distance nécessaire au rire. Ils jouent avec talent leurs rôles vintage, la voix désabusée très France Culture au XXe siècle. Les saynètes sont autant d’occasion de s’interroger sur l’actualité de la gauche ou de ce qu’il en reste. L’idée ( et sa réalisation) la plus aboutie du spectacle est l’entrée en scène de TINA (There Is No Alternative), qui est… une idée que le public doit questionner. Peut-on la contredire ? L’anéantir ? Ou bien mène t-elle directement au fascisme ?

Le problème c’est que bouffé par le rire, le sens s’efface. Et la seconde partie pèche encore plus dans le fond. L’avenir du socialisme serait un retour au désert peu heureux.

Finalement en quatre ans le collectif a gardé ses défauts et ses qualités. Il est indéniable que « Rumeur et petits jours » n’a pas les qualités d’un grand soir, mais il reste un spectacle qui apparaît dans ce festival anglé sur la guerre comme une récréation intelligente, très bien joué. Mais la folie ne suffit pas à performer, il faut savoir retomber sur ses pieds et ce n’est pas l’histoire d’une vache et d’un cheval, filigrane de toute la pièce, allégorie du droit de propriété,  qui sauve l’affaire.

Rumeur et petits jours © Christophe Raynaud de Lage


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