[Festival d'Avignon] Les oreilles d’ Amir Reza Koohestani traînent sur la censure Iranienne

24 juillet 2016 Par Amelie Blaustein Niddam | 1 commentaire

Dans le cadre du Focus Moyent-Orient, Olivier Py a choisi de programmer Hearing de l’iranien Amir Reza Koohestani. Et la liste des producteurs associés au Mehr Theatre Group est très européenne : La Bâtie Festival de Genève, Künstlerhaus Mousonturm Frankfurt am Main, BOZAR Centre for Fine Arts Brussels.

Le plateau est vide. Une jeune femme entre en scène légèrement voilée, en jean et en baskets. Elle est terrifiée. Elle sait quelque chose au sujet d’une affaire qui a l’air grave. Quand on découvre qu’il s’agit « juste » de l’histoire d’une fille qui a invité son copain dans son dortoir, on frissonne.  Tant pour si peu !!

Dans un univers très proche des films d’Abbas Kiarostami, Amir Reza Koohestani vient prendre le prétexte d’un fait divers pour dire toute la censure en Iran, tous les tabous charriés par une séparation des corps délirante.

Le spectacle offre une belle scénographie, d’abord totalement épurée mais où tout apparaît (le bureau de la directrice, le couloir…) pour ensuite intégrer un dispositif vidéo qui lui permet de glisser dans un futur fantastique où les morts viennent parler aux vivants.  Le metteur en scène nous fait entendre des voix. D’abord en nous offrant des réponses à des questions que l’on entend pas, pour ensuite nous faire entendre une voix dont on ne voit pas le corps. Dans ce théâtre très minimal, la force des comédiennes Mona Ahmadi, Ainaz Azarhoush, Elham Korda et Mahin Sadri éclate d’autant plus dans ce dispositif qui ne permet aucune faute de jeu.

Une petite forme, courte (1h10) qui charrie beaucoup et qui va continuer à se diffuser longtemps.

Hearing © Christophe Raynaud de Lage


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