« Encore une histoire d’amour » à La Comédie des Champs Elysées.

8 avril 2016 Par David Rofé-Sarfati | 0 commentaires

Elle est en partie paralysée. Il est boulimique et agoraphobe. L’océan Atlantique les sépare. Mais leur passion du théâtre les réunit.

Note de la rédaction :

Elle (Élodie  Navarre) obtient de lui (Thierry Godard) les droits de sa pièce. Elle la jouera à New York dans le circuit parallèle, le off off. Lui, multi-phobique suivra le projet de loin, sans jamais quitter son appartement où il fait alterner repas, roupillons et insomnies devant une vieille télévision.

Au fil de leurs conversations téléphoniques se tricote lentement un amour étrange, de ces amours que l’époque connait bien depuis que les sites de rencontres ou les réseaux sociaux ont inventé les rencontres virtuelles. Elle tombe amoureuse et voudra le rencontrer. Il tombe amoureux et commencera un régime tout en se refusant à un engagement qui le terrorise.

Le texte est comme une lame aiguisée, tangible en même temps que plongé dans un romantisme hollywoodien. Les corps des deux amoureux sont malades et cassés. Ces corps autorisent autant qu’ils imposent le recours au verbe. Elodie Navarre est attendrissante dans sa claudication et son optimiste volontaire. Thierry Godard est extraordinaire dans cet emploi de grincheux hypocondriaque. On regrette de savoir ces talents plus souvent utilisés dans des soap opéra français ou des films tout aussi français. Et on se félicite de leur virtuosité dramatique tant cette ‘encore histoire d’amour’ nous donne à voir, à s’émouvoir et à comprendre. Cela grâce à la prestation précise de Elodie Navarre et la tenue généreuse de son emploi par Thierry Godard.

La mise en scène vient ourler le propos par un dispositif vidéo et des juxtapositions-disjonctions des deux chambres de New York et Londres. Les deux êtres s’empiétent lentement dans une danse entre séparation et distanciation afin de faire accepter tout aussi lentement à l’un comme à l’autre la rencontre des corps. C’est très beau.

A voir (au minimum) pour Thierry Godard et Elodie Navarre.

Texte de Tom KEMPINSKI
Texte français de Jean-Claude GRUMBERG
Mise en scène de Ladislas CHOLLAT

Avec Elodie NAVARRE et Thierry GODARD

Assistant à la mise en scène : Jeoffrey BOURDENET
Décor : Emmanuelle ROY
Costumes : Christiane CHOLLAT et Doby BRODA
Lumières : Alban SAUVE
Création vidéo : Nathalie CABROL


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