[CAMPING AU CND] Le pied Jaloux: un trio uni pour le meilleur et surtout pour le pire

6 juillet 2016 Par Araso | 0 commentaires

Suite et presque fin du marathon de Camping au CND, Sophie Perez lève le pied et s’installe en bord de scène pour regarder jouer Sophie Lenoir dans «Le Pied Jaloux», sa dernière création en collaboration avec Xavier Boussiron, imaginée ad hoc pour Camping. Sophie Lenoir y est folle, remarquable, grotesque et bien d’autres choses. 

Note de la rédaction :

On le sait désormais, l’écriture de Sophie Perez est loin de faire l’unanimité. Avec ce nouveau spectacle elle retrouve ses deux acolytes Sophie Lenoir, interprète, et Xavier Boussiron, plasticien, avec qui elle a monté un certain nombre de créations dont l’inénarrable «Biopigs» en 2015. Le registre est le même, exagéré, volontiers hystérique, clownesque, trash, et parfois on rit.

En guise d’entrée en matière, Sophie Perez pousse un caisson noir à roulettes sur scène avant d’aller s’asseoir aux côtés de Xavier Boussiron et d’allumer une clope. Sophie Lenoir sort du coffre, en résilles couleur chair coupés au genou, boas de bras et de jambes et coiffe de plumes. Gantée de têtes de dinosaure en plastique, elle braille dans un micro -tympans sensibles, s’abstenir ou prévoir des boules quies. Durant 50 minutes, elle va proposer des saynètes avec changement de registre et de costume. S’instaure un dialogue, les deux plasticiens dont l’un s’occupe des objets et l’une s’occupe des humains, font leurs commentaires, souvent en off, à la troisième personne et faussement médisants, de Sophie à Sophie «Dis-donc j’ai remarqué que tu ne fermais plus tes bottes, là?» ou de Sophie à Xavier «il faut qu’on fasse quelque chose, elle ne peut plus bouger». 

Même si la joyeuse équipe semble beaucoup s’amuser, le «personnage» ultra extrapolé d’idiote du village campé par Sophie Lenoir devient très vite lassant. Comme une grosse tarte à la crème, il écoeure, tout comme elle s’écoeure avec l’interminable scène du sandwich au jambon. Sophie Lenoir donne tout sur scène, elle est très généreuse, trop: c’est bien là le problème. Elle ne connaît absolument aucune limite et en même temps, tout est absolument gratuit. Emouvante lorsqu’elle joue les comédiennes prêtes à tout pour sortir du banc de touche, elle cache toutes les nuances de son jeu sous des kilotonnes de kitsch. Parti pris assumé et oui, par moments c’est tellement too much que l’on finit par en rire. Quant au duo formé par Sophie Perez et Xavier Boussiron, on ne sait jamais trop si le texte est écrit, s’il est improvisé et cela a un certain charme. In fine, rien d’immanquable.

Visuel © Marc Domage


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