Bonjour Ivresse au théâtre Daunou

13 janvier 2017 Par
Quitterie Puel
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Bonjour Ivresse est une pièce de Franck Le Hen qui se tient au théâtre Daunou à partir du 12 janvier jusqu’en avril 2017. Cette comédie entame sa septième saison à l’affiche, un succès certainement expliqué par son aspect burlesque qui ne nous a pourtant pas convaincus …

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« Bonjour ivresse » est comme on se plait à le dire « une comédie décalée ». Le problème de cet adjectif c’est qu’il peut prendre plusieurs connotations, le décalé peut être une sorte de prise de distance par rapport à la réalité qui permettrait in fine de l’enrichir, de la rendre plus vraie et plus forte mais si l’on s’en tient au sens littéral,  le décalé semble qualifier cet écart signifiant entre la réalité et son prétendu double, qui, du fait de ce décalage justement, passe à coté de ce qu’il prétend représenter. Dans ce cas, si « Bonjour Ivresse » est une comédie décalée c’est plutôt en ce sens-là…A la veille de son anniversaire , Benoit retrouve une liste de choses qu’il s’était promis de faire avant ses trente ans. Le problème ? il a trente ans demain. Sa meilleure amie, Wanda, va donc le défier de réaliser en seulement une soirée tous ses désirs d’antan.  L’entrée en scène des acteurs donne le ton, ils dansent sans aucune retenue sur « Je me sens si seul » de Marc Lavoine, Wanda (Princesse Erika) est saoul, elle porte une robe à strass, des gros talons et elle parle très fort. Elle essaie de convaincre Benoit son meilleur ami que trente ans est un bel âge, qu’il a déjà accomplit de belles choses mais elle le fait sans arguments ; on le comprend bien, ici le sens des mots, la construction d’un dialogue avec l’Autre et avec le public ne sont pas les principaux enjeux . C’est une pièce que l’on vient voir  pour rigoler, mais pas d’un rire forcément consentant, en un sens on rigole un peu « malgré nous » face à des répliques « bon enfant » et surjouées. Elles sont plaisantes, mais on la raison qui a suscité le rire s’oublie très vite.

C’est l’évincement systématique face à toute tentative de sérieux ou de profondeur qui est désolant dans cette pièce. A certains moments la musique ajoute un ton jovial et gai à la pièce mais à d’autres, il aurait été judicieux de baisser le volume et de laisser  libre cours aux dialogues. C’est notamment le cas lorsque Raphael (Sylvain Potard) tente de déclarer sa flamme à Benoit (Franck le Hen) et que toute tentative de dialogue est recouverte par une musique assourdissante et il faut l’avouer, énervante. La victoire du rire sur le sérieux, de la musique sur les mots n’est pas systématiquement une bonne nouvelle, notamment car le charme du théâtre peut se situer à la lisière du sérieux et du rire ou encore quand la musique porte les mots, « Bonjour Ivresse » ne parvient pas à trouver cette juste mesure et de ce déséquilibre naît une impression de « trop » où le burlesque se transforme en grotesque…
Parmi les acteurs, Franck le Hen sort son épingle du jeu car il joue sans sur jouer son personnage. Certaines de ses répliques tombent véritablement au moment opportun et ses mimiques (tout comme les phrases qu’il chuchote au public) sont quelque fois hilarantes. Face à lui le « poids lourd du sport français » Sylvain Potard, qui rayonne plus sur le ring que la scène… Néanmoins, « Bonjour Ivresse » est une pièce de divertissement qui ne ment pas sur ce qu’elle est. Elle pourra très bien séduire certaines personnes.

Visuel : Affiche


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