Sidérant « Olympia ou la mécanique des sentiments » de William Mesguich au Balcon.[Avignon Off]

19 juillet 2017 Par
David Rofé-Sarfati
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William Mesguich dort peu durant le OFF. Il joue dans POMPIERS et dans la création CHAGRIN POUR SOI et a mis en scène au Balcon « OLYMPIA » un conte musical, drôle poétique de Vanessa Callico qui ressuscite notre âme d’enfant. 

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Dans son conte L’Homme au sable, E.T.A. Hoffmann invente une dérangeante poupée mécanique Olympia capable de faire naître l’émotion. A  Avignon, créée cette année,  Olympia ou la mécanique des sentiments de William Mesguich est un conte fantastique mêlant texte aiguisé intrigue foisonnante et chants lyriques dans une aventure théâtrale et musicale tout à fait étonnante.

Le compositeur Jérôme Boudin-Clauzel est sur scène, derrière un rideau de fil  à jardin, avec ses musiciens. Les trois comédiens lyriques, la mezzo Magali Paliès dans le rôle d’Olympia, la soprano Estelle Andrea et le contre-ténor Luc-Emmanuel Betton  portent avec lui cette fantaisie musicale où l’on retrouve l’univers de Mesguich mais aussi de Tim Burton, de Pommerat, de Terry Gilliam et de Philippe Fenwick. L’ensemble est magique supportant une splendide histoire aux rebondissements  variés. Souvent nous sommes émerveillés et happés par la surprise.

Dans un lieu étrange, le jeune et génial professeur Othon travaille pour la reine, trace les plans d’un sous marin. En secret ses recherches se consacrent à un tout autre sujet, l’élaboration d’une poupée-automate, d’une femme qui serait sa compagne. Mais sa mère, cruelle, le séquestre et le surveille de près tandis qu’au loin une femme qui semble lui être très proche tente de lui parler.

Les thèmes se succèdent et s’intriquent. Qu’est que la femme? Qu’est ce qu’un robot et peut on entrer en empathie avec lui? Qu’est ce qu’un père et peut on s’en passer? Le conte est philosophique et au delà de notre émerveillement de chaque instant il va questionner des thèmes vifs et contemporains.

La mère cruelle dira à son fils Othon: « Je dois te quitter, I’m late ». On entend comme un lapsus, je dois te quitter, Hamlet. Que William Mesguich se rassure, on peut, cet Olympia en donne preuve, être un grand Hamlet et un fantastique metteur en scène.

Olympia ou la mécanique des sentiments, la très bonne surprise du OFF

Olympia ou la mécanique des sentiments de William Mesguich, avec Estelle Andrea, Luc-Emmanuel Betton, Magali Paliès, Jerôme Boudin-Clauzel, Anne Leforestier, Mimi Sunnerstam, Mise en scène : William Mesguich.

visuel : photo officielle