[Avignon Off] Les rêves un peu trop lucides de Marien Tillet

8 juillet 2016 Par Amelie Blaustein Niddam | 0 commentaires

A la Manufacture, Marien Tillet joue les apprentis sorciers. Qui n’est pas fasciné par le monde des rêves ? Se prêtant et nous invitant à une expérience presque paranormale, Paradoxal bénéficie de bons éclats mais s’épuise.

Note de la rédaction :

« Qu’est-ce qu’on peut contre son inconscient ? »  Si la question est posée plutôt vers la fin du spectacle, elle semble en être le fil conducteur.  Marien Tillet nous met en confiance et nous fait sérieusement rire. Toutes nos obsessions au moment de nous endormir sont là : regarder son téléphone en pleine nuit, se demander si on a envie de faire pipi… tout ce qui nous empêche de sombrer dans le sommeil est là. C’est le cas pour Marylin qui fait des rêves fous qui s’arrêtent net quand sa voisine déambule en talons à 3 heures du matin, avant de reprendre. Mais le jour où les talons ne claquent plus, les rêves disparaissent.

Le comédien devient alors professeur à la tête d’une expérimentation : il étudie les rêveurs lucides, ceux qui peuvent entrer en contact avec leurs rêves et les influencer.  Si l’objectif du spectacle est de nous faire douter, cela ne sera jamais le cas dans la réalité. Jamais on ne quitte les zones de conscience et si les histoires de chaque résident de l’hôpital amusent ou effraient, cela reste trop en surface pour convaincre.

On se souvient d’une performance donnée en 2013 à Avignon dans le jardin Ceccano. Le duo Kristoff K.Roll nous invitait à nous allonger sur des transats et dans les casques, nous entendions des rêves qui n’étaient pas les nôtre. Expérience vraiment déroutante. On pense aussi au Vrai spectacle de Joris Lacoste qui était une hypnose collective et efficace.
Paradoxal est sauvé par le jeu très présent de Marien Tillet, le spectacle fonctionne dans ses grandes lignes, sans séduire totalement.

Visuel : Didier Noghero


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