« JAZ » avec Ludmilla Dabo à la Chapelle du Verbe Incarné.[AVIGNON OFF]

18 juillet 2017 Par
David Rofé-Sarfati
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Après Big Shoot, Alexandre Zeff revient avec un opéra jazzy sur l’histoire d’un viol par emprise. C’est à La Chapelle du Verbe Incarné. C’est intense, poignant, parfois éprouvant.

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Un femme noire au milieu d’un orchestre de jazz, robe en cuir et perruque, entame un récital. Vite elle va faire tomber sa tenue de music-hall. Elle boit un coup, s’approche du public, offre la fin de sa bouteille puis entame l’histoire de son amie Jaz. L’écriture de Koffi Kwahulé est musicale, économique, cependant que enchâssée. Et cette femme qui raconte l’histoire d’une autre femme amplifie chaque sujet qu’elle traverse : le viol, l’emprise, la honte, le sentiment de culpabilité, les convictions machistes  et les petits arrangements des hommes.

La femme parviendra à se venger mais, et c’est là la force du récit,  elle n’en restera pas moins une femme proche de nous et non une héroïne.

Tout à l’heure. Ce matin. Dans une sanisette. Place Bleu-de-Chine. Ma copine. Mon amie. Je ne suis pas ici pour parler de moi, mais de Jaz. 

La distinction entre les deux femmes, celle qui raconte et celle qui est racontée, peu à peu se dissout. Ludmilla Dabo interprète magistralement cette division schizophrénique d’une femme et de son destin qui éclatent et se perdent suite au traumatisme du viol.
La scénographie est magique et forte.

BANDE ANNONCE JAZ from Make it films on Vimeo.

La performance de Ludmilla Dabo est impressionnante. Si forte que l’on ressent les traumatismes et que l’on imagine la destruction du corps et sa reconstruction baignées dans une musique de Jazz, justement musique de la déconstruction.

Un réussite portée par une grande comédienne.

Metteur en scène : Alexandre Zeff
Actrice: Ludmilla Dabo
Musiciens : Louis Jeffroy (batteur), Gilles Normand (bassiste), Franck Perrolle (guitariste), Arthur Des Lineris (saxophoniste)
Assistante : Maya Outmizguine
Scénographie / création lumière : Benjamin Gabrié