[AVIGNON OFF] Depwofondis au théâtre Golovine

11 juillet 2016 Par Maïlys Celeux-Lanval | 0 commentaires

Il est presque 11 heures du matin, le soleil est déjà au zénith et Avignon commence à fondre. Sur la scène du théâtre Golovine, trois danseurs s’agitent en tout sens, évoquant une ville en mouvement. La chaleur monte, les gestes s’accélèrent, la vitesse guide les gestes empressés de ces trois hommes du monde qui semblent courir à leur travail. Nous sommes devant Depwofondis, le spectacle du chorégraphe Max Diakok, et il va falloir se préparer à bientôt quitter la ville…  

Trois hommes, donc : l’un en costard, l’autre coloré, le troisième urbain. Chacun figure une identité différente, du genre de celles qu’on croise en ville, dans le métro, quand les jeunes en bande marchent aux côtés des travailleurs en costume sombre, et qu’ensemble ils forment une drôle de chorégraphie, celle d’une ville pressée à la musique klaxonnante. L’évocation de Depwofondis est remarquable : entre le mime et l’esquisse, le spectateur comprend immédiatement le rythme qui lui est imposé, et halète en chœur avec les danseurs.

Mais ce n’est qu’une introduction, nous le disions. Car bientôt, la musique se tait, les pas ralentissent, et la danse se fait solitaire, émouvante et technique. C’est Roméo Bron Bi, imprégné de danse traditionnelle et contemporaine ivoiriennes, qui donne le ton. Agiles, aériens, ses mouvements dessinent un autre horizon, qui apparaît alors comme un espoir : on sent ici l’influence du maître, Max Diakok, dont les racines s’enfoncent dans le malheureux patrimoine de l’esclavage. Passionné de gwoka, la danse des esclaves, le chorégraphe fait sentir la danse comme un exutoire, un besoin de joie et liberté. Et c’est un souffle qui s’empare de la salle, une légèreté. En sortant du spectacle, l’air paraît plus frais, moins étouffé : l’artiste nous a libérés.

Du 7 au 27 juillet 2016, à 10h45 les jours impairs.


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