Avignon OFF 2018 : « Cris d’amour » aux êtres chéris trop tôt disparus

5 juillet 2018 Par
Magali Sautreuil
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L’amour est sans doute l’une des plus douces étapes de la vie, mais il peut être aussi l’une des plus cruelles et des plus dures lorsque l’on est privé de l’être aimé… Comment trouver alors le courage de continuer à vivre ? C’est pourtant le quotidien de Maxence, qui rend hommage à sa défunte compagne et à son ami Stéphane Marteel, avec Cris d’amour, un spectacle présenté dans le cadre du Off d’Avignon.

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Un seul être vous manque et tout votre univers s’effondre. Depuis que sa bien-aimée est décédée, Maxence a perdu le goût de vivre. La mise en scène est sans équivoque : on a l’impression d’avoir en face de nous un SDF, âgé, esseulé, vivant au milieu des détritus et de montagnes de livres.

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Cependant, au fil du spectacle, Maxence va peu à peu sortir de sa léthargie. En effet, au fur et à mesure qu’il déclame des textes d’amour, il va petit à petit restaurer ce fil qui l’unissait à sa compagne et que la mort avait brisé, en renouant avec une pratique de leur couple : l’échange de poèmes d’amour.

Maxence rend ainsi le plus bel hommage qui soit à son âme sœur et à son ami Stéphane Marteel, le fondateur de la compagnie La Luna et gérant de quatre théâtres dont le Buffon, dans lequel se joue le spectacle, en « célébrant l’amour par la magie de la poésie » et à travers « un spectacle tissé de vers, de musique, de chant, de prose, de danse et de textes dramatiques » (notes de l’auteur) ! Il n’est en effet de sentiment plus dense que l’amour, à la fois intime et universel comme l’équipe qui porte ce spectacle, mais aussi riche de sens. C’est en effet ici l’amour sous toutes ses formes qui est honoré : l’amour passionnel, courtois, coquin, trivial, tragique, fraternel, divin, triomphant, comique…

Accompagné par intermittence au piano, Maxence, pour crier son amour et louer cette émotion universelle, utilise les mots des auteurs et des écrivains, qu’il pioche dans sa mémoire et dans les livres posés pêle-mêle autour de lui.

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Sa voix, ses intonations et ses sentiments changent au gré des mots et des citations qu’il emprunte à leurs auteurs. Fidèle aux écrits de ces derniers, il s’exprime tantôt en français, tantôt en anglais, en allemand, en russe, en espagnol… S’enivrant de tous ces mots d’amour qu’il prononce, il devient méconnaissable. La folie qui le guette et le submerge par instant lui prête mille visages.

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Même si le spectacle requiert par moment un peu de concentration pour ne pas perdre le fil, il alterne judicieusement des textes d’auteurs classiques comme Shakespeare, des citations d’auteurs contemporains tel Cocteau, en passant par des chants, des comptines… D’ailleurs, Maxence joue très bien les petites filles, quand Zaza s’étonne de ne pas avoir de zizi et entonne Ah ! Vous dirai-je maman.

On a rarement vu un florilège de textes d’amour aussi hétéroclites ! Mais c’est ce qui constitue la force de ce spectacle : c’est grâce à cette diversité qu’il ne peut se résumer à une simple récitation. C’est aussi grâce à la puissance des sentiments de Maxence qu’il nous enivre !

Informations pratiques :

Cris d’amour, Théâtre Buffon, 18 rue Buffon, 84000 Avignon, les 9, 16, 27, 28 et 29 juillet 2018, à 18 heures 25- Durée : 1 heure 05 sans entracte

Visuels : ©Visuels officiels fournis par l’attachée de presse Sandra Vollant