Artaud passion, la cruauté et la dernière Muse au Théâtre Hebertot

13 décembre 2017 Par
Yaël Hirsch
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Chaque mardi et mercredi, jusqu’au 31 janvier 2018, Jean-Luc Debattice et Agnès Bourgeois incarnent Antonin Artaud et sa correspondante des vieux jours, Florence Loeb. Un duo tribal ponctué par un univers sonore fort pour passer le cœur de la pensée du maître de la cruauté, dans un texte signé Patrice Trigano.

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1946. Antonin Artaud sort d’un long séjour psychiatrique et de traitements sous électrochocs. Il fascine la fille du galeriste Pierre Loeb, Florence. Des décennies plus tard, la vieille dame se rappelle et raconte Artaud, non sans être démentie avec véhémence par le fantôme de l’écrivain…

Commençant par un joli jeu esthétique de lumière tourbillonnante sur sculpture cinétique, Artaud Passion est une pièce sculptée par l’ingénieux, riche et dérangeant, jeu sonore de Fred Costa et Fréderic Miniere. Les grands épisodes de la vie d’Artaud sont rappelés, ses grands textes qu’on a envie d’aller lire et il est même cité, pour les passages les plus importants, par un Jean-Luc Debattice charismatique et investi. A la mise en scène, la danse, la voix osseuse de vieille dame et les accents surpris de petite fille, Agnès Bourgeois n’évite pas toujours les travers du théâtre cérébral qu’Artaud exécrait. Il n’empêche que les rituels sont là et que la réflexion sur la condition humaine passe et marque.

visuel : affiche du spectacle