Addictif : « L’influence de l’odeur des croissants chauds sur la bonté humaine » au théâtre de la Reine blanche !

7 avril 2018 Par
Magali Sautreuil
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La morale… vaste sujet sur lequel on pourrait philosopher des heures, mais de là à en faire un spectacle, le pari était risqué. Pourtant, Hervé Dubourgal a relevé ce défi haut la main en adaptant « L’influence de l’odeur des croissants chauds sur la bonté humaine » de Ruwen Ogien pour le théâtre. Vous pourrez savourer cette pièce sans modération au théâtre de la Reine blanche, à Paris, jusqu’au 22 avril 2018. Chaque représentation étant unique, n’hésitez pas à revenir !

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Si seulement on pouvait enseigner la morale ainsi, je crois que je n’aurais jamais quitté les bancs de l’école ! Comme en classe, vous serez notés sur votre participation car, même si votre nom n’apparaît pas sur l’affiche, vous aurez sûrement un rôle à jouer… Vous ne pensiez tout de même pas comprendre ce qu’est la morale, sans efforts ?

Pour vous mettre en condition, imaginez-vous dans un laboratoire où l’on vous propose des expériences de pensée. Vous expérimentez, vous tâtonnez. Il est possible que vos réponses sortent du cadre. Dans ce cas, comme au foot, vous serez sanctionnés, voire exclus.

Confrontés à des casse-têtes moraux, vous devrez puiser dans vos ressources pour les résoudre, à condition, bien sûr, qu’il y ait une réponse à y apporter. Du sacrifice d’un chien à celui d’un être humain, en passant par le génocide, vous constaterez que derrière les meilleures intentions du monde se cachent parfois de véritables monstres. À travers une multitude d’histoires fictives, vous serez amenés à réfléchir sur notre société et sur vous-même, sur la nécessité ou non d’être moral.

Pour vous accompagner dans votre réflexion, un duo de choc : Jean-Louis Cassarino et Hervé Dubourjal. Si leur costume noir leur confère une certaine autorité en tant que maître de séance, leur chemise blanche au col déboutonné leur donne un air décontracté. Avec eux, la morale n’a rien d’un sujet ennuyeux ! Ils en dissertent comme ils parleraient du beau temps, se livrent à quelques joutes de pensée et s’accordent également quelques pauses musicales, durant lesquels ils improvisent des ébauches de chorégraphie sur fonds de Led Zeppelin et de Lana del Rey.

Malgré leurs airs débonnaires, les deux compères n’en tiennent pas moins leur rôle de maître du jeu. Armés de leur marqueur, ils donnent corps à leurs expériences de pensée grâce aux nombreux tableaux de conférence qui sont sur scène. Une mise en scène vue et revue, me direz-vous ? Et bien, non. Après avoir esquissé quelques traits, les feuilles blanches s’animent. On se croirait dans les coulisses de production d’un film d’animation, où chaque page dessiné prend miraculeusement vie grâce à la technologie. Une belle trouvaille qui permet une réelle immersion dans les fictions racontées par les deux acteurs.

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Si l’odeur des croissants chauds titille vos narines, n’hésitez pas à pousser la porte du théâtre de la Reine blanche. Le risque : le côté addictif de ces expériences de pensée, qui vous donneront sûrement un goût de reviens-y !

Informations pratiques :

Titre : « L’influence de l’odeur des croissants chauds sur la bonté humaine »

Genre : Théâtre contemporain / Spectacle interactif

Auteur : Ruwen Ogien

Adaptation : Hervé Dubourjal

Mise en scène : Éric Bu et Hervé Dubourjal

Scénographie : Jean-Marc Toussaint

Co-production : Compagnie Tabard-Sellers et Coq Héron productions

Distribution : Jean-Louis Cassarino et Hervé Dubourjal

Lieu : Théâtre de la Reine blanche – 2 bis passage Ruelle – 75018 Paris

Dates : Du 10 mars au 22 avril 2018, du jeudi au samedi à 20h45 et le dimanche à 15h30

Durée : 1h25

Visuels : © Franck Harscoue?t / Coq He?ron Productions