« Paula Spencer, la femme qui se cognait dans les portes »

18 septembre 2008 Par marie | 0 commentaires

Paula Spencer Charlo, beau voyou du quartier, était allé jusqu’à manger ses frites dans la petite culotte de sa petite amie, Paula. Comment, après ça,  la toute jeune fille pouvait-elle ne pas se marier avec lui ? Tout ça pour un érotique cornet de frites…

Jusqu’au 28 septembre, le théâtre de la Tempête présente Paula Spencer, un texte de l’écrivain irlandais Roddy Doyle mis en scène par Michel Abécassis et joué par l’admirable Olwen Fouéré. Le spectacle sera ensuite en tournée en France et en Irlande jusqu’au 19 janvier.

 

 

Il traîne beaucoup de monde aux urgences, beaucoup de femmes dont plusieurs d’entre elles se sont « cognées dans les portes »… Paula Spencer fut l’une d’elles : pendant 18 ans, elle s’est cognée, cognée et tant cognée, qu’elle a du faire quelques détours par l’hôpital. A chaque fois, c’était son mari qui l’accompagnait, Charlo, ladite « porte » justement… celui qu’elle détestait en aimant…

« Je l’aimais et il m’aimait, j’en suis sûr », la femme qui parle a maintenant 49 ans. Son corps est une « véritable carte des abus » de son ancien époux, son foie est gonflé par des années d’alcool et pourtant, enrobée dans son manteau de velours, elle est belle encore, désirable même. Mi-nostalgique mi séductrice, elle se raconte honnêtement, sans apitoiement, nous décrit ses enfants : l’aînée pour laquelle elle n’était la mère que sur le papier et la fille dans la réalité, le cadet, ex -camé qui lui reproche ce qu’elle a été, la troisième qui a hérité de son alcoolémie, et enfin son préféré, Jack, dont elle dit qu’il « est trop comme un putain de saint ». Ce petit dernier est sa « raison sociale » quand elle est « presque au plus bas de la société » : ex-épouse battue, mère indigne et femme de ménage qui sait exactement ce qu’elle peut acheter avec 30 euros…

 La souffrance n’a pas rendu Paula aigre, pas même amère. Jwo, un de ses ami (prétendant ?), dit d’elle que c’est une « chouette fille ». Et pour cause : Paula s’enthousiasme comme une gamine à l’idée de regarder un film, rigole de tout et d’abord d’elle-même, et, malgré ou avec sa cinquantaine, est craquante dans sa nuisette… Moyen de survie, l’humour est aussi pour elle une pudeur, la seule couverture dont elle peut décemment envelopper l’évocation d’une « vieille blessure ».

 Lucide sur sa vie, Paula l’est aussi sur ses penchants : si un homme se représentait devant elle maintenant, il faudrait qu’il ait, comme feu Charles Spencer, une « tête d’homme ». Si c’était à recommencer, elle aimerait…

Comme mêler aussi finement des sentiments totalement contradictoires dans un même personnage ne pouvait être que le fait d’un grand écrivain, Roddy Doyle, les incarner ne pouvait être que le travail d’une admirable comédienne. Olwen Fouéré jongle avec dextérité entre le rire et la colère, entre le Français et l’Irlandais ce qui tombe bien pour une création présentée dans le cadre de la présidence française de l’Union européenne en France et en Irlande !

 16-28 septembre, Théâtre de la Tempête-Cartoucherie de Vincennes, Paris, mar-sam 20h30, dim 16h30, TP : 18 euros, mercredi, tarif unique pour tous : 13 euros Cartoucherie, Paris 12e, Métro château de Vincennes. 01 43 28 36 36.

14 octobre, Théâtre du Pays de Morlaix, Morlaix

17 et 18 octobre, Espace Marcel Carné de St Michel-sur-Orge, Saint-Michel-sur-Orge

21 octobre, Théâtre Firmin Gémier d’Antony, Antony

23 et 24 octobre, Espace Jean Legendre Scène conventionnée de Compiègne, Compiègne

8 novembre, Espace 93 de Clichy-sous-Bois

12-15 novembre, Théâtre des Bouffes du Nord, Paris

2 décembre-La Ferme de Bel Ébat de Guyancourt, Guyancourt

5 et 6 décembre-Centre des Bords de Marne du Perreux, Le Perreux-sur-Marne

9-11 décembre, CDDB Théâtre de Lorient, Lorient 13 décembre, Théâtre Jean Arp de Clamart, Clamart

6-10 janvier 2009, The Project, Dublin (Irlande)


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