Les tigres de vidéo de Ho Tzu Nyen parlent du rapport humain à l’animal [Kunstenfestival]

6 mai 2018 Par
Yaël Hirsch
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Dans le cadre du Kunstenfestival des Arts de Bruxelles, le plasticien et performer singapourien Ho Tzu Nyen présente l’installation “One or several tigers” dans la boîte noire du Kvs Box. A voir encore ce 6 mai 2018.

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Le public entre dans un espace sombre et s’assied face à face laissant au Centre un couloir qui reste vide. Aux deux extrémités, des écrans immenses mettent en scène, comme dans un ballet de fantômes, trois siècles de bataille et de compagnonnage entre l’homme et l’animal. Tout part d’un tableau de Heinrich Leutemann de 1865, venant des collections du Musée National de Singapour où l’on voit des européens qui arpentent une route et sont interrompus par un tigre. Le chef du groupe devient le symbole de l’humain et le tigre celui de l’animal dans une narration d’ombre et de lumière aux yeux perçants. Une voix scande en anglais des dates et des représentations de tigres qui désorientent, d’autant plus qu’elle apportent dans le désordre plein d’informations inutiles. La lumière explose parfois comme un feu d’artifice menaçant et le « spectacle » d’une quarantaine de minutes arrive à son acmé quand un écran se soulève, laissant apparaître une petite boîte mécanique où une multiplicité de dessins se superposent comme les décors d’un théâtre. Le propos est soit trop précis (avec des finesses sur l’histoire de la représentation du tigre difficiles à retenir) soit trop vague (l’homme a du mal à se situer par rapport à un animal qu’il a craint et qui est maintenant en voie de disparition). Et surtout le côté mécanique de la performance ennuie, à la mesure de la voix monotone et professorale qui nous guide dans le spectacle. Comme des enfants, nous  aurions aimé voir apparaître un vrai tigre sur scène ou au moins un homme pour nous livrer quelque chose de vivant !

viduel : Ho Tzu Nyen