Ruin Porn, indigeste parodie vintage à l’Etrange Cargo

30 mars 2016 Par Amelie Blaustein Niddam | 7 commentaires

Le Festival l’Étrange Cargo prend des risques, pour le meilleur (Radio Vinci Park) et hier soir pour le pire. Ruin Porn de Guillaume Marie, Igor Igor Igor Dobricic, Kazuyuki Kishino aka KK Null est si caricatural des stéréotypes qui circulent sur la performance qu’il en devient comique.

Note de la rédaction :

Mauvais, très mauvais, voir ridicule. On pourrait s’arrêter là face au désastreux Ruin Porn, mix de plagiats et de références peu heureuses aux gore et au porno des années 70. Tout commence pourtant pas si mal, mais de façon tellement déjà vue. Nous entrons saisis par les lumières d’un stroboscope et d’une musique de rave party très très hard. Dans la fumée nous découvrirons quatre corps qui dansent techno, collés, sans se toucher. Cela fonctionne carrément.

De loin on pourrait penser qu’ils sont nus, mais malheureusement, ils sont vêtus de costumes nude tout droit sortis d’une compétition de patinage artistique. On commence à déchanter.

La danse n’a ici rien d’innovante, ni de percutante. François Chaignaud qui règne en maître sur le festival, a lui largement étudié cette question de la danse de boite de nuit, l’élevant à un autre niveau que juste une reproduction. Ensuite, et de façon complètement dénuée de tout fil dramaturgique, la troupe se met à baiser ( pour de faux) violemment et sans jouissance, avant d’errer dans un monde morbide où même la mort leur semble interdite dans un supplice d’une lenteur infinie.

Il y a ici, la fumée qu’un Yves Noël Genod dans les mêmes lieux a su si bien modeler. Il y a des renversements, maîtrisés à souhait par Christian Rizzo. Il y a le sang, que Jan Fabre a malaxé avec tellement plus d’humour et de finesse.

Il y a  à la fin,  un manque de lisibilité totale sur la pièce qu’a voulu construire ce collectif. Était-ce une parodie du genre même performatif, tant décrié par ceux qui n’ont jamais vu ? Était-ce un hommage cinématographique à cette tendance très seventies d’un porno futuriste ? Ce qui est sûr, c’est ce que ce n’était pas comme le programme l’annonçait :  » la trace de cette transe mentale, une vision singulière de notre ère à jamais pré-apocalyptique ».

Et quitte à jouer les parodies, on se souviendra plutôt de performances qui ne laissaient aucun doute sur leur intention, comme fuyons sous la spirale de l’escalier profond de Saldana et Drillet qui nous plongeaient  à l’Etrange Cargo 2015 dans la vie de Saint Laurent de façon totalement dérangeante et drôle. Une ode à la copie qui assumait ses références.

Visuel : Angele Micaux et  Gregoire Gitton


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COMMENTAIRES:

  1. pouet pouet

    ah ah ah ah vous n’avez même pas cherché à comprendre un seul instant. vous ne faites que des références qui n’ont justement rien à voir.
    quant à dire que c’est de la caricature de performance, alors que vous portez aux nues Radio Vinci Park, c’est à n’y rien comprendre…

  2. jpmartin

    pour avoir vu la pièce lors de sa première représentation, je ne comprends absolument rien aux références que vous faites. vous êtes complètement à côté de la plaque. le porno des années 70… (mais ouvrez un peu plus vos yeux…!)

  3. Coëdelo

    Comment vous dire le désappointement mêlé de colère qui m’anime à la lecture de votre article?
    Certes Internet permet désormais à tout un chacun de s’auto-désigner « critique d’art » et de donner son avis sur tout, et surtout n’importe comment.
    Vous êtes vous réellement relue?
    Honnêtement?
    Ainsi vous avez fait le choix de « démonter » – purement et simplement – un spectacle.
    Bien sur vous en avez le droit.
    Mais ce qui m’intéresse ici est moins le droit que l’honnêteté intellectuelle et la légitimité pour le faire.
    Tirer ainsi à boulets rouges sur une compagnie jeune, fragile, qui néanmoins depuis plusieurs années trace son sillon dans le paysage chorégraphique français (eh oui Madame, ne vous en déplaise) m’apparaît comme un acte d’une facilité et d’une lâcheté confondante.
    Je sais cette colère bien inutile dans la mesure où votre média n’est pas de ceux qui influencent réellement la vie des spectacles.
    Et heureusement.
    Mais néanmoins votre facilité tourne également à la paresse quand vous expédiez en moins de 2000 caractères, en moins de 30 lignes, un travail mené depuis sûrement trois ans (je précise ici que je ne fais pas partie de l’équipe de Ruin Porn), un travail de fourmis pour réussir contre vents et marées à ne renoncer à rien artistiquement, un travail honnête, exigeant, radical et sincère.
    La question, dans votre position, n’est pas « d’aimer » ou bien de « ne pas aimer » un spectacle. La question est de savoir si votre analyse d’un objet artistique (analyse détaillée si possible), vos arguments en sa faveur ou en sa défaveur se situent à la hauteur de la réflexion dramaturgique menée en amont par les créateurs.
    En l’occurrence, et je suis désolé de la violence de mes propos, mais vous ne faites pas le poids.
    Beaucoup de choses importantes ont déjà été dites dans le commentaire précédent d’Igor Dobričić (et non pas Igor Igor Igor… Vous êtes vous vraiment relue?) et je ne suis pas journaliste donc je ne me lancerai pas ici dans l’écriture d’une critique « positive » de Ruin Porn.
    Mais quand même.
    N’avez vous rien d’autre à dire sur le travail de lumière réalisé que « les lumières d’un stroboscope »?
    N’avez vous rien vu d’autre dans les costumes que « des costumes nude tout droit sortis d’une compétition de patinage artistique »?
    La présence sur cette scène d’Els Deceukelier ne vous inspire-t-elle pas au moins quelques lignes? Quelques mots?
    Mais où étiez vous donc avant hier soir?
    En rappelant une fois encore que je ne fais pas partie de l’équipe de Ruin Porn, ce commentaire peut donc être considéré comme celui d’un spectateur.
    Un autre spectateur que vous…
    Erwan Coëdelo
    PS: Pour information je mets en scène une lecture au festival de la correspondance de Grignan cet été.
    Nous n’avons plus d’invitations mais n’hésitez pas à venir y gribouiller l’une de vos petites critiques assassines.
    Je m’en réjouirai.

  4. bottinelli

    Certes un spectacle de Guillaume Marie ça se mérite… Ça ne se donne pas… Mais cet effort de relâcher le temps est récompensé par des séquences visuelles EXTRAordinaires, par une bande son impressionnante, par un casting étonnant (oh là là, la danse de la seconde partie!). Les corps de l’après, des lendemains sombres et mutants, sont ils encore désireux? Peuvent-ils oublier l’apocalypse passé sous la peau? Peuvent-ils s’échapper? Peuvent-ils disparaître? Sont-ils condamnés à la douleur? Sont-ils NOUS demain? A NOUS DE VOIR. C’est profond. C’est beau. C’est gonflé. C’est documenté. C’est affirmé. C’est poétique. Et comme c’est sombre…notre époque quoi. BRAVO GUILLAUME MARIE

    1. Amelie Blaustein Niddam

      Je ne me suis jamais imposée « critique d’art ». Je suis journaliste ( carte de presse 116 715)
      Ruin Porn est un spectacle plagié et insultant pour le genre même de la performance que je connais parfaitement bien, le couvrant depuis de nombreuses années. Je n’ai pas écris le quart de ce que pensais.
      Pour Grignan, nous sommes accrédités, mais votre message d’insulte fera que je me tiendrai bien loin de vos travaux.
      Merci pour votre lecture attentive.
      Cordialement

  5. jpmartin

    « un spectacle plagié » ??
    « insultant pour la performance » ??
    alors là, il faudrait expliquer le rapport avec le schmilblick…
    encore une fois, vous êtes à côté de la plaque…
    (et rien que le commentaire de Bottinelli donne quelques pistes de réflexion déjà plus intéressantes que les références complètement à la masse auxquelles vous faites allusion (le porno des années 70, non mais au secours, réveillez-vous…))

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