[Live-report] Chantiers d’Europe – Le Théâtre de la Ville et le Palais de Tokyo pour l’ouverture et la tolérance

14 mai 2016 Par Araso | 0 commentaires

On aime quand le Théâtre de la Ville s’exporte hors les murs. Fidèle à une tradition de « Théâtre dans la Ville » qui s’apprête à se matérialiser plus que jamais avec la saison 16-17 et d’importants travaux de rénovation, le Théâtre de la Ville abolit une fois de plus les frontières des murs avec la 7ème édition du festival « Chantiers d’Europe ». Toute la Culture s’est rendu au Palais de Tokyo, où une co-organisation des deux lieux à donné naissance à « Utopie 500« . La vidéaste Angelica Mesiti, l’artiste grec Euripides Laskaridis et Dewey Dell pour un concert live s’y donnaient rendez-vous pour une date-évènement. Zoom sur l’installation « Citizens Band » d’Angelica Mesiti. 

Note de la rédaction :

Il existe donc une musicalité de l’exil, une son synonyme à la fois d’isolement, de déracinement et d’espoir. C’est ce qui attend le visiteur initié et déterminé au bout d’un parcours sinueux dans les dédales en béton des sous-sols du palais de Tokyo. A l’endroit des escaliers métalliques en colimaçon, de faibles lumières bleues éclairent l’obscurité et dessinent un parcours fléché sur les piliers. Quatre écrans de projection, un cube ou s’asseoir: l’histoire saute de l’un à l’autre. D’écran en écran, de personnage en personnage. Ce « Citizens Band » est une chorale d’immigrés sous forme des portraits de quatre artistes en format video musicale.

Il y a d’abord cette femme Camerounaise qui barbote dans le bassin d’une piscine avant d’entamer une partition de percussions aquatiques, frappée de ses deux mains et de ses deux bras à la surface de l’eau. On se sait plus si ce sont des larmes ou des gouttes d’eau sur son visage. Elle sourit, comme apaisée, fin de séquence. Cet Algérien qui joue du clavier dans le métro parisien, entonne un chant qui parle par-delà les barrières de langue, à la fois mélancolique, doux et bienveillant. Ses yeux mi-clos cachent un strabisme divergent et un regard touchant. Ce Soudanais sifflant dans son taxi un chant de liberté, ce Mongol au violon dans la rue, une mélodie bouddhique vibrant dans sa gorge, partagent cette même force, ce même charisme inusité qui provient de la volonté, coûte que coûte de partager.

Comment recréer une identité à soi, qui concilie terre d’origine et terre d’accueil? Comment recréer une chaleur, un lien humain, se redonner des repères? Faut-il garder sa terre d’émigration comme un refuge intime? La revendiquer? La partager? Angelica Mesiti et ces quatre artistes anonymes ont composé pour y répondre un magnifique poème de tolérance.

Le 13 mai, de 14h à 19h.

Visuels © Araso

 


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