[Festival Spot] Et Thibaud Croisy eut envie de Fleur Pellerin

26 mai 2016 Par Amelie Blaustein Niddam | 0 commentaires

Ce soir, se termine le délicieux festival Spot qui se tient au Paris-Villette et qui ne parle que d’une chose : de cul. Franchement, sans mièvrerie ni pornographie, avec un humour décapant. Hier se donnait la première des deux représentations de Une Tombe, une Fleur suivie de 4 rêves non censurés en présence de Fleur Pellerin, une performance décapante de Thibaud Croisy à la mémoire de l’ex-ministre de la culture déchue.

Note de la rédaction :

Il a un look d’énarque, costard gris et cravate rose. Il a une petite touche désinvolte dans la voix, de celle qui autorise de dire les folies les plus énormes sans en avoir l’air. Clown officiel d’Etat. Thibaud Croisy aurait pu inventer le poste. Au départ, il y a un spectacle créé le 6 juin 2015 au T2G dans le cadre du festival TJCC, il s’agit alors de 4 rêves non-censurés en présence de Fleur Pellerin. Mais entre-temps la ministre s’est faite virée, remplacée le 11 février 2016 par Audrey Azoulay. Alors, c’est le drame, mais Thibaud Croisy qui va d’ailleurs faire monter Pierre Bellemare sur scène lors de l’édition 2016 du TJCC, est un raconteur d’histoires. Si elle n’est plus ministre, alors ce sera Une Tombe, une Fleur, une oraison funèbre décalée au « fétiche », voire plus, à la « monnaie d’échange » que lui l’intermittent constitue pour sa ministre de tutelle.

Nous pourrions être rue Valois, tellement lui, derrière le pupitre blanc sait parfaitement tenir le rang des honneurs. L’oraison permet de dresser un portrait sexy de la dame, description à l’appui de ses robes very hot et de ses boucles d’oreilles. Il ose tout, la misogynie puisée dans la filiation de Denis Baupin, les remarques racistes sur ses origines coréennes. Toutes les références et idées reçues sont ici déroulées avec un humour acide et pertinent. Il s’interroge sur l’étroitesse de son vagin, file la métaphore avec l’Empire des sens. Il devient fou, complètement saisi par ses rêves érotiques dont Fleur est toujours l’héroïne, qu’elle soit nue au Musée Gustave Moreau ou bien qu’elle voit ses seins transformés en placard.

La métaphore est parfaite. Il s’agit ici de dire le manque d’argent, la déconsidération vis-à-vis du poste, Fleur Pellerin restera celle qui n’a pas lu Patrick Modiano et ses réformes sur la démocratisation de la culture, qui elles font moins rire, ont été oubliées.  Le spectacle décrit bien la façon dont les hommes et les femmes d’Etat sont devenus des peoples. Ce qui fait vraiment bander Thibaud Croisy, ce ne sont pas tellement les robes dos nu de Fleur Pellerin mais plus l’idée qu’elle tient dans ses mains, non pas sa queue mais bien une subvention sous forme de plusieurs versements.

Ses récits lubriques et fantasmés sont le reflet exact du délire qui s’empare de tous ceux qui veulent caler leur spectacle dans le jeu des cases à remplir pour pouvoir entrer dans le réseau des Théâtres publics.

C’est à mourir de rire, d’un rire libérateur en temps de crise. Bonne chance pour la suite Fleur.

Visuel : © Théâtre Paris Villette


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