Charliewood: le cabaret megalo-sexy de Charlie Le Mindu

27 mars 2016 Par Araso | 0 commentaires

Le sous-sol du Palais de Tokyo se transforme l’espace de quelques performances en cabaret, ambiance Berlin et le club Berghain, pour « Charliewood », le dernier spectacle signé Charlie le Mindu. L’artiste « coiffuriste » né en 1986 qui vit et travaille à Paris revient ainsi au Palais de Tokyo un an après l’exposition  »Le Bord des Mondes » avec une revue érotico-esthétisante toute en démesure capilaire. 

Note de la rédaction :

« Coiffuriste » est le terme que le chorégraphe Philippe Decouflé a inventé pour lui. Charlie le Mindu habille notamment la chevelure de Lady Gaga et a l’ambition de faire revivre la Haute Coiffure et les catwalk chevelus, la coiffure placée au même rang que la Haute Couture. Un spectacle très sexy, extravagant qui élève le cheveu au rang de fétiche ultime.

L’immense bouche par laquelle on s’engouffre fait penser au Rocky Horror Picture Show et son esthétique gothico-glam. A l’intérieur, les piliers de béton et structures de fer du Palais de Tokyo se prêtent à merveille à une ambiance type Berghain à Berlin, un club que Charlie le Mindu a assidûment fréquenté. Un bar tout en longueur (mais peu staffé, dommage!) sert des cocktails gratuits à l’entracte.

Les cheveux sont partout, protéiformes. Ils habillent des corps de danseuses de cabaret aussi bien que des corps gros, s’ébrouent façon carwash dans des videos psychédéliques. Cheveux poussins, cheveux manteau, cheveux all-over ou encore cheveux parures de string nude, pendant du pubis en long poils blonds platine jusqu’aux chevilles. Cheveux moustaches, avec des accents surréalistes: un nez, une oreille, une bouche. Une femme grosse avec des seins siliconés est échouée sur son autel aux sculptures capillaires phalliques, s’égosillant « Papa!! » « Je suis un chaton » puis se masturbant avec un pot à popcorn vide: « les poulets aussi ont des orgasmes ». L’esthétique tape dans les registres du burlesque moderne, du pop gentiment trash, légèrement cyber punk. On est, pour le coup, plus proche de Lady Gaga que de Berlin.

Dommage pour l’ambiance, la visibilité est excessivement faible, ce qui peut vite devenir lassant eu égard les presque deux heures de show (45 minutes de première partie, un entracte d’environ 20 minutes et 45 minutes de seconde partie). Le vide de l’espace entre les podiums est une invitation au public à déambuler. Pour autant, la performance est pensée comme un spectacle itinérant, de podium en podium, créant de faux effets de surprise et des déplacements de foule uniformes. Le concept trouve ses limites dans ce no man’s land entre cabaret et théâtre, l’atmosphère en moins.

Visuels © Guillaume Lebrun / Atelier Diptik


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