Balade onirique sous hypnose musicale

8 juin 2018 Par
Claudia Lebon
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Hier soir, à la Cité internationale des arts de Paris, le docteur et pianiste Stéphane Ottin Pecchio nous proposait un voyage hypnotique en musique. 

s-ottin-pecchioDès le départ, nous sommes prévenus. Il ne s’agit pas d’un spectacle ordinaire, mais d’une prestation à la fois artistique et thérapeutique. Une vraie séance d’hypnose pendant laquelle le musicien hypnothérapeute, Stéphane Ottin Pecchio s’engage à nous transporter dans un univers de rêves. Car l’hypnose c’est le rêve, explique-t-il. Un état d’inconscience qui nous paraît réel et qui peut apporter des solutions à nos problèmes. Alors nous sommes conviés à faire de ce spectacle un projet de transformation, en choisissant un sujet personnel ou une douleur que nous aimerions modifier. Comme pour une opération, notre docteur nous explique le déroulement de la séance avec précision.

Rhumatologue, musicien et hypnothérapeute de l’Association Française d’Hypnose, Stéphane Ottin Pecchio a présenté pour la première fois le concept d’hypnose musicale en 2010 à la Schola Cantorum de Paris. La Confédération francophone d’Hypnose et Thérapies Brèves lui a attribué le Prix du Congrès en 2011. « La musique fait rêver et met en état d’hypnose ». Et c’est avec le piano qu’il opère. Des mélodies hypnotiques se mêlent aux Danseuses de Delphes, au Clair de Lune et à La Cathédrale engloutie de Debussy. Le compositeur, qui cherchait lui-même à décrire les mouvements de l’âme, est choisi pour la dimension onirique de ses pièces.

Les yeux se ferment et le tempo ralentit nous plongeant progressivement dans le sommeil. Le rêve commence alors à se dessiner et la voix de Stéphane Ottin Pecchio ne nous parvient qu’imperceptiblement. Elle n’est qu’un vague écho qui n’influence en rien nos rêves. Pourtant, elle nous parle d’un cours d’eau, d’un lac, d’un jardin, de parfums, de saveurs et de couleurs mais nos images ne sont pas forcément les siennes ou alors l’éveil est arrivé précocement, et l’état d’hypnose est déjà rompu.

La suite nous parait donc un peu longue, alors nous observons patiemment les créations picturales d’Olivier Garandeau. Assis sur scène, un feutre à la main, l’artiste se laisser embarquer dans un état de transe graphique, nous laissant voir en direct, projetés sur un écran, ses dessins, guidés par la musique et la voix de l’hypnothérapeute. Viennent alors la violoncelliste et le corniste : Sylvie Courtis, professeur d’enseignement artistique et hypnothérapeute formée au Québec, et Pierre-Yves Courtis, membre du quintette à vents de Bretagne et enseignant à l’Ecole Nationale de Musique de Quimper. Ce duo, qui ne nous transporte et ne nous convainc pas, n’était pas la meilleure partie du concert.

Après une bonne heure de prestation, la transformation annoncée n’a pas eu lieu mais notre curiosité est assouvie.

Visuels © Stéphane Ottin Pecchio