[Avignon Off] Dans la tête pleine de Pierre Mifsud

8 juillet 2016 Par Amelie Blaustein Niddam | 0 commentaires

Pierre Mifsud, mis en scène par François Gremaud offre jusqu’au 24 juillet une Conférence de choses. Une seule, dont vous n’aurez chaque jour qu’un bout de 53 minutes et 33 secondes. Pour savoir la suite, revenez demain.

C’était l’une des grande attente de La sélection Suisse à Avignon et elle est totalement comblée. Pierre Mifsud se pose là comme un prof de fac cool, de ceux qui portent des tennis et enseignent debout, en appui sur le bureau. Il nous prévient de la règle du jeu : ce que l’on va entendre ici est la suite de ce qui a été dit la veille et l’introduction de ce qui viendra demain. Nul besoin pour saisir de voir les épisodes manquants.

Le spectacle fonctionne sur une succession d’idées proches de l’anadiplose. Ici la fin d’un mot ne devient pas le début d’un autre mais une image nous embarque dans une autre histoire. Comment passer de la mort de Descartes à Annie Hall, puis au char d’Hélios, et de ce char à une chanson de Carlos ? C’est la force de ce spectacle absurde au potentiel burlesque atomique.

Il ose le « soit dit en passant » qui fait éclater les rires, car il ne fait que ça,  faire passer les mots dans une digression infinie. De cette folie pure jaillit une idée folle, celle d’unir dans un spectacle les savoirs scientifiques et populaires.

On apprend des tonnes de savoirs inutiles, comme par exemple le fait que Diane Keaton porte ses propres vêtements dans Annie Hall ( à ressortir bien sur lors d’un dîner en ville).

Le comédien est remarquable et manie les mots avec une dextérité folle. Il faut garder en tête que le spectacle n’est joué qu’une seule fois, la part d’impro est donc présente sans que l’on puisse la déceler.  Pour se souvenir de son texte, il doit entrer dans le processus du mot valise. Un mot déclenche une histoire  : « Automobile » ( Tient… le char d’Hélios…) ou Haribo, pour nous expliquer ce qu’est un acronyme.

Il a une présence scénique parfaite, les yeux rieurs et l’invitation à l’interaction permanente. C’est aussi fou que réjouissant. A voir absolument et à noter que la Conférence sera donnée en version intégrale le 17 juillet de 14h à 22h à la Collection Lambert.

Visuel : ©2BCompagnie


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