Reprise de l’Empereur d’Atlantis à l’Opéra de Lyon

27 mars 2016 Par Elodie Martinez | 2 commentaires

L’Empereur d’Atlantis revient à Lyon dans le cadre du Festival « Pour l’Humanité » après y avoir été joué en 2013. Un opéra court (1h environ) joué au TNP qui saura satisfaire les plus grands comme les plus jeunes.

Note de la rédaction :

L’histoire a des airs de conte philosophique : l’empereur Overall décide de déclarer la guerre de tous contre tous, faisant de la Mort un porte-étendard. Cette dernière se révolte d’être reléguée à un tel rôle et décide de ne plus faire son travail. A partir de cet instant, plus personne ne meurt, pas même le condamné pendu depuis presque une heure et demie! On a beau fusiller à balles réelles, rien n’y fait : impossible de mourir. Ils sont alors « des milliers à lutter contre la vie, afin de pouvoir mourir ». Dans ce désarroi, un couple se forme et l’Amour est alors la fleur qui rend la mort belle. Pourtant, cette immortalité sonne comme une véritable condamnation et n’a rien de réjouissant. Les hommes comprennent alors que cette punition vient de leur folie meurtrière et qu’ils doivent « extirper de leurs coeurs jusqu’au dernier germe de haine et d’intolérance ». La Mort revient alors et propose de reprendre son travail si Overall accepte d’être le premier à se sacrifier. Les adieux de l’empereur offre alors un très beau texte à méditer, surtout dans les Temps actuels où ce festival « Pour l’Humanité », décriant la barbarie humaine, trouve sa place bien plus qu’on ne le souhaiterait.

Un petit opéra allemand sur un livret de Peter Kien et une musique de Viktor Ullmann, dont le titre complet est L’empereur d’Atlantis ou L’abdication de la Mort, voilà une bonne idée de sortie. L’heure passe rapidement, on ne s’ennuie pas, et la mise en scène de Richard Brunel reste simple mais efficace, avec ce qu’il faut de folie et de poésie pour cette oeuvre.

L’orchestre en petit nombre et sous la direction de Vincent Renaud devient partie prenante et ne tient pas seulement rôle de figuration sonore. Les musiciens jouent leur rôle au début avant de monter sur le haut plateau en arrière-scène et le personnage de la jeune fille est extraite de ce petit groupe.

Les voix sont agréables et les solistes de l’Opéra de Lyon font honneur à la maison : Samuel Hasselhorn campe un Empereur convaincant, Mikkel Skorpen est quant à lui tour à tour Arlequin et un soldat, réussissant dans les deux rôles tant dans le jeu que dans le chant avec un beau timbre de ténor. Mention particulière pour Andromahi Raptis, soprano tenant le rôle de la Fille coiffée à la garçonne dont la voix nous a particulièrement marqué avec une très belle projection et un timbre très agréable. Un nom à retenir.

Enfin, La Mort est incarnée par Piotr Micinski, seul soliste n’appartenant pas au Studio mais dont la voix de basse et le jeu conviennent très bien à ce personnage. Il complète ainsi un ensemble relativement homogène dans cet opéra plaisant.

© Jean-Louis Fernandez


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COMMENTAIRES:

  1. Ping : ‘Der Kaiser von Atlantis’ van Viktor Ullmann in Lyon

  2. Patrick

    J’ai déjà vu cet opéra de l’empereur Atlantis et c’était un grand moment de bonheur. Je le conseille à tous ceux qui n’ont pas eu la chance de vivre ce merveilleux moment !

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