L’Opéra Comique dévoile sa programmation 2017 : ouverture, transmission et nouveautés sont au rendez-vous

16 septembre 2016 Par Elodie Martinez | 0 commentaires

Nous l’attendions avec impatience, et nous savons que nous n’étions pas les seuls : hier matin se tenait rue Favard la conférence de presse présentant la saison 2017 de l’Opéra Comique. Un parfait équilibre entre continuité et nouveauté dont les mots d’ordre semblent bien être « ouverture » et « transmission ». 

Olivier Mantei, actuel directeur de l’Opéra Comique après les années Jérôme Deschamps, a commencé par faire un point sur les travaux du bâtiment qui fait réellement peau neuve. Non seulement la salle sera enfin climatisée, mais les travaux ne s’arrêteront pas là. Environs 300 portes, par exemples, seront changées et la salle perd 50 fauteuils dans un souci de respect de l’architecture, baissant sa capacité à 1200 places. Parallèlement, l’Opéra Comique augmente de 50% le nombre de levers de rideau lyriques. Autre chiffre donné hier matin, celui des 25 coproductions annoncé.

Le bâtiment n’est pas la seule trace des nombreuses nouveautés et des changements annoncés par le directeur qui a exprimé à quel point il trouvait la fermeture de l’Opéra Comique « saine », cela lui ayant permis une ouverture jusqu’alors inédite et l’emprunt de voies auquel personne n’aurait pensé sans cela. Le challenge est donc de ne pas se refermer à présent ; pour ce faire, les spectateurs verront l’apparition d’une nouvelle « Porte 8 », rue Marivaux, ouverte tous les 8 du mois permettant de rencontrer divers artistes et découvrir un « répertoire un peu plus souterrain ». A cette nouvelle ouverture physique s’ajoute une autre dans la prolongation des expériences de cette année, notamment celle de l’Opéraokeé. En effet, à cette occasion, l’Opéra a vu participé des jeunes créatifs et curieux, sans oublier les 60% de personnes étant venues s’entraîner et n’ayant auparavant jamais mis les pieds à l’opéra. Face à un tel engouement d’un public qui n’osait jusqu’alors pas pénétrer les maisons lyriques ou bien qui n’en avait pas les moyens, le Comique a décidé de poursuivre son ouverture dans l’esprit de partage que nous lui connaissions déjà sous l’ère de Jérôme Deschamps. La saison 2017 verra donc naître un « Opéralab » où se situe l’actuelle billetterie ; des ressources numériques seront accessibles, des appels à projet ouverts à tous seront lancés,etc… (voir sur le site).

L’expérience de l’Opéraoké sera elle aussi reconduite dans l’optique de devenir un rendez-vous annuel  qui ne se cantonnera pas à la capitale mais se déplacera au fil des ans dans différentes villes. De plus, avant chaque représentation, le public pourra venir chanter certains airs du spectacle qu’il va voir. Partage, transmission et ouverture se retrouvent donc bel et bien.

Outre sa Maîtrise, l’Opéra Comique a également décidé de modifier son principe d’Académie, Olivier Mantei estimant qu’une année était trop peu pour permettre aux jeunes artistes de s’épanouir ; la maison parisienne aura donc sa propre troupe dans laquelle des chanteurs aujourd’hui sur le devant de la scène nationale ou internationale viendront transmettre leur savoir et leur expérience à la nouvelle génération et aux jeunes talents. De plus, un metteur en scène sera installé en résidence durant une année afin de travailler pleinement à un projet et de pouvoir le monter de A à Z. Avoir le temps est un luxe que le monde de l’opéra ne permet que très rarement (si ce n’est jamais), ce à quoi le Comique espère remédier grâce à cette idée. Cette idée s’inscrit également dans la volonté « d’intensifier la création » exprimé par Olivier Mantei, sans pour autant oublier les 300 ans d’Histoire passée.

Enfin, l’Opéra Comique se démarque dès cette année des autres maisons de spectacles en adoptant un nouveau fonctionnement calendaire : la saison ne débutera plus en septembre pour se clore en juillet mais suivra le calendrier civil en s’étalant de janvier à décembre. Ce nouveau fonctionnement ainsi que les travaux permettant de rendre la salle plus fraîche pourrait permettre d’enfin voir des opéras à Paris en été !

Côté opéra, justement, que réserve la saison 2017 de l’Opéra Comique ? Sans surprise et comme annoncé depuis fort longtemps, Fantasio ouvrira le bal… au Théâtre du Châtelet ! Il s’agit là d’un partenariat souhaité par les deux directeurs au moment où l’Opéra Comique rouvre ses portes tandis que le Théâtre s’apprête justement à fermer les siennes pour des travaux. Comme annoncé précédemment, Marianne Crebassa tiendra le rôle-titre, Franck Leguérinel celui du Roi de Bavière, Thomas Jolly se chargera de la mise ne scène tandis la direction musicale sera assurée par Laurent Campellone. La deuxième production est une commande de l’Opéra Comique (qui sera toutefois créée au Théâtre Impérial de Compiègne début mars avant de venir sur Paris) : La Princesse légère de Violeta Cruz, racontant l’histoire originale d’une princesse n’ayant plus de poids depuis qu’une méchante sorcière la maudite, la condamnant à être en permanence lestée pour ne pas s’envoler… La mise en scène sera signée Jos Houben et la direction musicale Jean Deroyer. C’est ensuite au tour d’Alcione, de Marin Marais, d’occuper les planches de la Salle Favart avec, entre autres, Lea Desandre. Le Concert des Nationes et Jordi Savall seront également de la partie.

L’opéra suivant sera une véritable redécouverte puisqu’il s’agit du Timbre d’argent de Camille Saint-Saëns, oeuvre totalement oubliée, mise en scène par Guillaume Vincent sous la direction musicale de François-Xavier Roth avec Raphaëlle Delaunay, Hélène Guilmette ou encore Jodie Devos. L’opéra suivant n’est toutefois pas en reste puisqu’il s’agit de Miranda de Purcell mis en scène par Katie Mitchell avec Katherine Watson ou encore Kate Lindsey. L’occasion également d’un début de collaboration importante avec Raphaël Pichon et son ensemble Pygmalion.

En octobre 2017, Kein Licht, l’opéra qui a valu à l’Opéra Comique une récompense (voir notre article) arrivera enfin dans la salle parisienne avant que la saison ne se termine par deux grands classiques : La Flûte enchantée tout d’abord, mise en scène par Suzanne Andrade et Barrie Kosky, avec le Komische Oper Berlin, puis Le Comte Ory en décembre, y compris le 31, qui clôturera l’année par une note festive dans la mise en scène de Denis Podalydès, les décors d’Erif Ruf, les costumes de Christian Lacroix, ou encore sous la baguette de Louis Langrée. Côté solistes, Philippe Talbot tiendra le rôle du comte, Julie Fuchs celui de la comtesse et Gaëlle Arquez celui d’Isolier. Le feu d’artifice de fin d’année se retrouve donc également dans le casting de cette production qui promet d’être formidable.

Outre tout ceci, nous aurons le grand plaisir de retrouver les présentations d’Agnès Terrier, les colloques, le ciné Favart, des rendez-vous avec des artistes à l’heure du déjeuner autour des oeuvres de l’opéra comique, des chroniques, divers événements « en classe ou en famille » ou encore les Soirées de Favart qui sont des récitals.

Vous l’aurez compris, l’Opéra Comique s’ouvre plus que jamais, et « qui dit « ouverture » dit aussi « accessibilité » et « transmission »" (Olivier Mantei). La maison devient plus que jamais un lieu de partage et d’action vers le monde extérieur ; les partenariats se présentent avec différents autres lieux, l’Académie n’est plus uniquement un lieu d’apprentissage mais aussi un lieu de transmission et d’expérience, le public est invité à être lui aussi actif,… Le Comique pense d’ailleurs aux jeunes de moins de 25 ans en mettant en vente 1000 places à 25 euros pour Fantasio, mais ils pensent aussi aux « grands oubliés », ceux entre 25 et 35 ans qui n’ont généralement plus droit aux réductions, en mettant également à leur disposition 1000 autres places à 35 euros pour ce même opéra, et de bonnes places nous a promis Olivier Mantei.

Autres rendez-vous avant la réouverture officielle de l’Opéra Comique, Un dîner avec Jacques à l’auditorium du Musée d’Orsay du 29 septembre au 9 octobre avec Vannina Santoni, Antoinette Dennefeld, Yann Beuron, Jean-Sébastien Bou et Franck Leguérinel (informations). Sans oublier Monsieur Beaucaire le 16 octobre et celui que tous les gourmands et gourmets attendent avec impatience : le fameux gâteau Favart qui sera conçu normalement entre mi-octobre et mi-décembre…

N’hésitez donc plus à accepter l’invitation de l’Opéra Comique : venez découvrir son univers généreux, sa mentalité si particulière et son âme unique. Vous pouvez déjà vous abonner sur le site officiel, y regarder en détail la programmation, ou bien venir demain samedi 17 septembre à l’Hôtel de Sully entre 10h et 17h30 afin d’assister au lancement de la saison 2017 à l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine (détail du programme ici).


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