Patrick Leterme : « Notre objectif est d’avoir quelque chose de théâtral, de contemporain et de retrouver la magie visuelle des Parapluies de Cherbourg »

20 décembre 2017 Par
Pierre Descamps
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Les 15 , 16  et 17 décembre 2017, la Comédie de Charleroi a vu naître une nouvelle version à la scène du film mythique de Jacques Demy, Les Parapluies de Cherbourg (1957). Dirigée par Patrick Leterme, chef d’orchestre de La compagnie Ars Lyrica, et mise en scène par Mohamed Yamani, cette comédie musicale culte est une coproduction qui va tourner en Belgique et en France.  Le maestro à la baguette de ce moment de musique et de magie a répondu à nos questions entre deux représentations. Il sera ce soir donné à l’Opéra Royal de Wallonie-Liège


 La comédie musicale est un genre que vous affectionnez depuis Annie en 2010. Est-ce facile de passer du grand répertoire à une musique plus populaire ?

La démarche est différente, il y a souvent une formation plus différenciée à la base. C’est parfois plus facile techniquement mais cela demande aussi une flexibilité. C’est une démarche qui est plus compliquée de la part des conservatoires.

Comment est-ce de diriger la musique de Michel Legrand ? 

Notre proposition artistique s’est construite sur un spectacle et non un théâtre musical. C’est amusant de diriger ce type de musique parce que cela permet d’ alterner les styles et notamment de jouer du jazz. Pour les comédiens, cela demande une présence et prestation supérieure car il faut suivre le rythme musical du début jusqu’à la fin.

Jacques Demy avait lui-même porté à la scène son film, en plus du film, avec vous vu des captations ?

Non, on a reçu le matériel musical mais il y’a eu une volonté de ne pas voir le spectacle complet, on voulait pas voir de la version scénique pour éviter d’être influencé. Le travail a été concentré sur la version du film exclusivement.

Comment rendre en 2017 le caractère merveilleux  et sur scène, du film de Demy ?

Notre objectif est d’avoir quelque chose de théâtral, de contemporain et de retrouver la magie visuelle des Parapluies de Cherbourg. On a voulu mettre en valeur le texte, on a voulu garder ce langage de couleurs très important.
Sur la scène, il y’a un système de fenêtres qui découpent des cadres de scène, ce cadre est donc utilisé pour le spectacle ainsi que le cadrage vidéo qui permet de mettre en avant d’autres types d’images.Le travail sur les couleurs et l’importance de l’histoire ont été mis en avant dans notre démarche.

Les Parapluies, c’est un drame avec une valeur historique forte puisqu’il évoque la guerre d’Algérie, est-ce un facteur que vous prenez en compte ? En parlez-vous en répétitions ?

On a conservé l’encrage géographique et historique du film d’origine. A mon sens la guerre d’Algérie joue un rôle d’opposant mais le centre de l’histoire se situe dans les conventions familiales dans la famille de Geneviève. Dans le film, il n’y a pas de scène en Algérie, c’est un événement important de l’histoire mais qui reste un sujet secondaire. Le thème principal est la place de la vie sentimentale au milieu des conventions sociales, et de la relation possible ou impossible d’une bourgeoise et d’un garagiste.

Pouvez-vous nous parler des voix et de votre travail avec elles. Est-ce vous qui les avez choisies  vous?

On a auditionné en Belgique, à Bruxelles à Charleloi,et en France à Paris. Les critères de sélection étaient basées sur le talent oratoire, sur les attitudes de visages.L’objectif étant d’avoir des gens qui correspondent aux registres du film en évitant les tics visuels quand ils chantent. Les attitudes de visage sont très importantes en sachant que chez jacques Demy ce ne sont pas les acteurs qui chantaient. Il fallait surtout éviter de se trouver face à des visages grimaçants et réussir d’avoir des voix belles sur des visages beaux.

Comment est- née l’idée de reprendre sur scène Les Parapluie de Cherbourg ? 

L’idée est née d’une collaboration entre une compagnie de musique belge Ars Lyrica et le palais des beaux arts de Charleroi.

Le contexte de coproduction est-il une richesse ou y a -t-il beaucoup de contraintes ?

Les deux ont des rôles différents, la compagnie assure la cohésion de l’équipe. Le palais des beaux arts de Charleroi nous laisse disposer de sa magnifique salle.

Allez-vous montrer le spectacle dans des pays non francopophones ?

A priori non mais si il faut sous-titrer en Chinois, on le fera si c’était nécessaire. (rires)
On a choisi de le tourner en France car il y’a un rapport encore plus proche avec la langue et le public.

Informations pratiques :

Le 20 décembre 2017 | 20:00 | Liège | Opéra Royal de Wallonie-Liège
12 janvier 2018 | 13 janvier 2018 | Reims | Opéra de Reims