[Live Report Chalon Dans La Rue] Délire chiche-caponnesque en solo

22 juillet 2016 Par Mathieu Dochtermann | 0 commentaires

Les Chiche Capon / Les nouveaux gitans présentent dans le OFF de Chalon un spectacle tout neuf, « A-t-on toujours raison ». Très attendu par le public, il s’agit d’un seul-en-scène de Fred Blin, qui est excellent dans son personnage, mais qui a du mal à tenir l’énergie jusqu’au bout des 50 minutes.

Les Chiche Capon, c’est normalement une bande de quatre hurluberlus, une brochette de zigotos proches comme les quatre doigts de la main, qui foncent dans le mur avec une énergie folle et une bonne humeur qui ne fait jamais défaut. Qu’obtient-on, dès lors, quand on opère une savante distillation pour récupérer à l’état pur un quatrième de l’ensemble, et qu’on le pousse sur scène seul face au public? On obtient une bande de un hurluberlu, dont on sent qu’il se sent seul puisqu’il s’invente lui-même une brochette de personnages plein de folie énergique et de démence joyeuse. Ca démarre très fort, avec une capacité d’attention et d’improvisation qui revèle tout le talent de Fred Blin. Autre révélateur de la maîtrise du bougre, la capacité à rire du public sans le perdre. Evidemment, sur le fond, entre deux fous-rires, transparaissent la fragile humanité des personnages, le ridicule des petits travers caricaturés, et une satyre de la création théâtrale type « sortie de résidence » qui semble à la mode en ce moment (voir A bien y réfléchir… de 26000 couverts). On rit beaucoup, mais à la longue le personnage principal s’épuise un peu, et l’acteur a du mal à tenir l’énergie nécessaire à une si longue distance: un petit decrescendo assumé (« Il y aura des longueurs et beaucoup de promesses! ») mais qui laisse comme une note de frustration, tant on aurait aimé que le délire soit soutenu jusqu’à la fin.

A savourer, tout de même, pour se décoincer les zygomatiques, tous les jours à 16h30 (attention arrivez tôt, il y a foule!) au Terrain Vannier.

 

Interprétation/Ecriture : Frédéric Blic

Mise en scène : Raymond Raymondson

Visuel: (C) Breff


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