Du l’art et du cochon: Alex Vizorek est une œuvre d’art…

26 avril 2016 Par Marianne Fougere | 0 commentaires

… ou du moins Alex Vizorek nous parle d’art : sculpture, peinture, tauromachie, football ou musique classique, aucun pan artistique ne résiste à ses attaques. Du grand art humoristique.

 affcihe_Wizorek

Que ceux ou celles qui, dans la salle, ont oublié de prendre avec eux leurs cerveaux se rassurent : Alex Vizorek a tout prévu. Conscient du possible faible niveau d’intelligence de son public, il a pris soin de déposer sur un guéridon un cerveau que chacun est libre d’emprunter à tout moment, à l’exception des lectrices de Marc Lévy qui pourraient ne pas se relever d’un tel choc ! Lecteurs de Télérama ne gloussaient pas trop vite, personne n’échappe aux moqueries de ce drôle de zèbre : ni lui, le belge, ni son public et contre-public, les auditeurs de France Inter, les personnes situées plus à droite sur l’échiquier. Si le jeune trentenaire – passé tout autant par une école d’ingénieurs que par les bancs de l’Université Libre de Bruxelles, par une école de journalisme qu’au cours Florent, dézingue à tout va, c’est pour mieux se risquer à une politique de la réconciliation et parvenir, pendant plus d’une heure, à faire rire aux éclats les fans de Lara Fabian et les inconditionnels de l’Arte Povera.

En homme de la synthèse, Vizorek se joue des frontières sociales ou culturelles, déjoue avec un plaisir certain les frontières stylistiques et artistiques. Dans ce one man show singulier, sont convoqués sans hiérarchies et critères de jugement préétablis aussi bien Matisse que le performeur allemand Joseph Beuys, John Cage que Rostropovitch, Visconti que le joueur de foot Horst Hrubesch. Mais, sous ses faux airs de professeur, Vizorek ne vise pas tant à nous donner une leçon magistrale qu’à déclencher en nous toute une série d’étonnements. Le spectacle se veut interactif mais jamais didactique ; on en ressort avec moins de réponses que de questions. Désacraliser l’art pour mieux reconfigurer le partage du sensible, tel est donc le talent d’Alex Vizorek.

Si on est moins persuadés de l’utilité et de la pertinence de la séquence promotion en fin de spectacle – fune revue de presse à l’image de son activité radiophonique, on est séduits par la finesse et la richesse des références – Pamela Anderson incluse, on est touchés par sa volonté de réhabiliter ces héros oubliés que sont les joueurs de cymbales, on est convaincus par ses analyses décapantes. Aussi, va-t-on s’empresser de suivre le conseil de prof Vizo et se jeter sur la nouvelle de Thomas Mann, plutôt que de se farcir les 2h30 du chef d’œuvre de Visconti !


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