[Festival BUS] Une 3e édition riche en beaux moments

15 mai 2016 Par Mathieu Dochtermann | 0 commentaires

Ce dimanche s’achève la 3ème édition de la BUS, la Biennale Urbaine de Spectacles, co-réalisation de la Coopérative de Rue et de Cirque et de la Ville de Pantin. Retour sur quelques points forts de ce festival de rue.

AfficheBUS2016

Même si la météo n’a pas été tous les jours de la partie, la 3ème édition de la BUS s’est déroulée dans le bonne humeur, avec une bonne dose d’énergie, un soupçon de créativité débridée, deux ou trois grammes de poésie, une ambition politique – au sens noble du mot – et, somme toute, a été l’occasion de belles rencontres !

Il suffisait de visiter, pour s’en convaincre, L’Oasis du collectif Yes We Camp (en collaboration avec Bellastock), sympathique point de rendez-vous monté sur le parking du Théâtre du Fil de l’Eau, avec ses transats groupés autour de poêles et autres braseros qui ont été bien utiles vu la météo peu caniculaire des derniers jours. Pour les plus aventureux, Dakota et les 3 Points de suspension avaient installé là leurs Îles flottantes, et proposaient, entre autres points de détente, une voiture-hammam chauffée au poêle à bois…

Tetla credit photo- Linda Douifi

Au titre des très beaux spectacles vus durant ces cinq jours, il faut mentionner tout particulièrement Tleta – Fragments d’une biographie sous silence, de la Compagnie Une peau rouge, très belle déambulation sur le thème de l’immigration, vue au travers des yeux de plusieurs générations de la même famille maghrébine. Une réflexion douce-amère, mûrement réfléchie, sur le déracinement, la difficulté à vivre sans jamais vraiment réussir à se ré-enraciner, le racisme évidemment, la déshumanisation de l’ouvrier immigré des Trente Glorieuses, la dépossession de son combat pour sa propre place dans la société qui l’accueille. Un discours sensible, jamais accusateur, appuyé sur une astucieuse caravane-musée. Un spectacle qui se finit en goûter, autour d’un thé à la menthe et de quelques pâtisseries vite englouties par les enfants.

CaravanserailSt Fargeau

Au titre des installations, mention spéciale également à Fenêtre sur l’autre, de la Compagnie Le Caravansérail, et à son Bus dans la BUS. Il s’agit d’un dispositif de restitution audiovisuel permettant au public de découvrir divers films documentaires sur le sujet des logements de fortune, les bidonvilles à la lisière de nos banlieues, de 1970 à nos jours. L’originalité réside dans la multiplicité des écrans, qui se déploient autour et au-delà du Bus même et de la salle de projection qu’il contient. C’est une invitation à une approche moins passive, plus déambulatoire, du film documentaire, qui crée plus facilement des espaces de discussion et d’échanges.

Cinerama 7 Angers Fabien Tijou

Le liste des spectacles de qualité est encore longue, depuis Cinérama, de la Cie Opéra Pagaï, théâtre de rue extrêmement amusant qui place ses acteurs au milieu de l’espace public en retransmettant le son par des écouteurs reliés à des radios, à Immortels, de la Cie Adhok, spectacle à la fois théâtral et chorégraphié, déambulatoire et jubilatoire, sur la difficulté de trouver sa voie et sa place, en tant que jeune humain, de nos jours et sous nos lattitudes…

Une BUS très riche, qui permet d’explorer les territoires de villes comme Pantin ou Romainville. Un beau rendez-vous… une expérience à renouveler dans deux ans !


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