Thomas Lebrun insuffle le divin à la Conciergerie

20 juin 2016 Par Araso | 0 commentaires

Après un Avant Toutes Disparitions à Chaillot qui a ravi la rédaction, Thomas Lebrun nous éblouit à nouveau avec Où chaque souffle danse nos mémoires, un titre un rien pompeux synonyme d’écarquillage pour nos pupilles et d’ivresse pour le coeur. Dans la mythique prison de la Conciergerie de Paris, le chorégraphe reprend sa création pour le «Monuments en Mouvement» de 2015 et c’est sublime.

Note de la rédaction :

Monuments en Mouvement, opus 2! Lors de notre passage à l’Abbaye du Mont Saint-Michel où l’on avait croisé une certaine Chloé Moglia et un certain Clément Dazin dans un cadre à couper le souffle, nous étions déjà amoureux de cette seconde édition de la manifestation orchestrée par le Centre des Monuments Nationaux. Ce jeudi 16 juin, c’était l’apothéose.

La danse était folle, entre figures christiques laïques et pendaisons, des pénitents et des piéta sous les traits des hommes, chaque geste sublimement incarné par des interprètes au diapason. Il y a eu la piètre cellule d’un Yoann Têté qui dansait avec les morts, la salle à l’immense table nappée de mysticisme où officiait un hypnotique Julien-Henri Vu Van Dung, les jardins de la prison, Thomas Lebrun himself. Certaines partitions se dansent en solo, à deux, à trois. La musique est envoûtante, succession de basses plus que mélodie, les chants se font baroques.

Le geste est noble et élégant, la théâtralité assumée et pure. pour le final, les douze danseurs se réunissent sous la nef, ode au corps et à la beauté sur cette mélodie en passe de devenir un classique de la danse contemporaine: My Heart’s in the Highlands de l’estonien Arvö Parts. Douze corps animés par le souffle; et tandis qu’un géant courbé fait le tour de la salle, les costumes noirs tournoient, s’ouvrent comme des corolles et tapissent la pierre de leurs fleurs sombres. Inoubliable.

Visuel © Bernard Duret

 


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