« Sons of Sissy », le quatuor folklo de Simon Mayer

23 juin 2016 Par Amelie Blaustein Niddam | 0 commentaires

Vous n’aimez pas le camping ? Le Centre National de la Danse va vous faire changer d’avis. Jusqu’au 1er juillet, 150 étudiants de 16 d’écoles d’art internationales suivent les 22 workshops et ateliers proposés par notamment Lucinda Childs, François Chaignaud, Min Tanaka, La Ribot, Mette Ingvarsten, Xavier Leroy, Daniel Linehan, Noé Soulier… Et dans tout bon camping, on peut y voir des spectacles. Hier se tenait la deuxième et unique représentation française du génial Sons of Sissy du chorégraphe, interprète et musicien Simon Mayer. Un autre regard sur la danse folklorique et sur ce qu’elle dit d’un rapport à un pays.

Simon Mayer ne peut pas renier ses origines, celui qui en 2009 participait à la création de Song de Anne Teresa de Keersmaeker a avalé des années de culture chorégraphique pour se poser la question du fondement : celui qui vient faire avancer un pas sur un rythme. Marcher pour commencer. Entrer en scène pour être exacts. Entrer en scène et venir en compagnie de Matteo Haitzmann, Patric Redl et Manuel Wagner faire quatuor : deux violons un accordéon et un violoncelle. Ils sont habillés assez ploucs, l’un d’entre eux, l’ange Matteo Haiztmann porte une vaste jupe traditionnelle.

Le mot clé ici est la déconstruction. Alors que l’on pense assister à un concert, le son des musiques tyroliennes vont se fragmenter, accéder au bruit juste des pas, devenir le rythme support à une danse faite de rondes, de pas de deux typique du schuhplattler. Les petits doigts s’accrochent pour que l’un fasse tourner l’autre, le souffle prends le dessus. La virilité s’empare de cette danse aux accents barbares qui a dégagé toute féminité.

Simon Mayer – Sons of Sissy (Trailer) from brut Wien on Vimeo.

Les peaux vont claquer, dénudées désormais. La violence fait son entrée, la folie s’empare du groupe. Comment pourrait-il en être autrement ? Une fois le costume tombé, le code éclaté, les structures populaires s’effondrent. Il est impossible de ne pas penser au spectacle Folk’s d’Alessandro Sciaronni qui, plus le temps passe, devient une pièce emblématique. Il s’agissait aussi ici d’utiliser la danse autrichienne dans une autre forme de jeux du cirque. Chez l’italien, la question était la mise à mort, alors qu’ici, l’allusion à la fonction reproductrice de ces danses se fait par une allégorie de cage aux lions. Ces mecs mignons au début deviennent des fauves. Leurs physiques différents ( brun, blond, barbu, chevelu) rend le panel encore plus réaliste.

Mayer s’amuse à exploser les codes avec un humour fou. La construction du spectacle est parfaite, signant un cercle parfait, un retour dépouillé au point de départ. Finalement, ce que veut dire le chorégraphe est peut être que les les enfants de l’impératrice ont grandi et se sont émancipés ?

Toute la programmation de Camping au Cnd est ici

Visuel : © (c) Rania Moslam


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