« Ruines » de Sylvere Lamotte au Jerk Off Festival

20 septembre 2016 Par Victoire Chabert | 0 commentaires

Pour sa 9ème édition, le Jerk Off Festival revient du 15 au 24 Septembre avec l’intention d’offrir un espace de liberté aux artistes et un temps de découverte aux publics. Les artistes sont invités à dévoiler leurs interprétations de la relation à l’autre et au monde, leurs idées des désirs et des conflits. Dans le cadre de ce festival, le 17 Septembre au Carreau du Temple, Sylvère Lamotte présentait Ruines. Une performance toute en beauté, et puissance.

Après une formation au Conservatoire National de Région de Rennes, Sylvère Lamotte poursuit son parcours de danseur interprète au Conservatoire National Supérieur de Danse de Paris. En 2007, il intègre le centre chorégraphique national d’Aix-en-Provence au sein du GUID d’Angelin Preljocaj. Tout comme Jeremy Kouyoumdjian, danseur formé au classique, au jazz et au contemporain qui y reste jusqu’en 2013. De la rencontre artistique entre ces deux danseurs nait la compagnie Lamento, en 2014. Et, en 2016 le spectacle Ruines, déjà récompensé par le prix Beaumarchais-SACD 2016.

C’est de l’opposition des idées de beauté et de violence qu’émerge cette création qui nous amène à réfléchir au lien entre les sentiments et la brutalité. La réflexion à l’origine de la pièce trouve ses fondements dans quantité de sources, comme des iconographies de déploration de la religion chrétienne ou des techniques de luttes modernes.

La musique au même titre que la danse est au cœur de ce projet. Par ces deux disciplines si bien mêlées, on tend à sublimer la violence. Durant les 45 minutes de performance, la brutalité, l’agitation, les notes rapides et répétées caractéristiques du genre concitato se mêlent à la douceur des inspirations orientales du guitariste, percussionniste Stracho Temelkovski. La chorégraphie évolue en alternant les portés des danseurs, des mouvements se répètent auxquels s’ajoutent d’autres neufs. Les danseurs s’appuis l’un sur l’autre, leurs corps s’enchevêtrent, se répondent, s’unissent et se repoussent. Les corps sans cesse se rapprochent puis s’éloignent. Ils s’usent et s’abusent à la fois dans la recherche et le rejet de l’autre. « Mêlant tour à tour des situations de déploration à des scènes de violence », seuls les visages sont crispés, grimaçants. Les mouvements, eux, sont en suspensions, hors du temps, alliants une fluidité et une technicité entonnantes.

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