Nu comme un oiseau déplumé, Jean-Luc Verna danse et fait danser à la ménagerie de Verre

20 mars 2017 Par
Bérénice Clerc
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Pour le festival « Étrange Cargo » à la Ménagerie de verre, Jean-Luc Verna inventa et donna naissance  à « Uccello, Uccellacci & the birds » une danse, une performance, des danses, des performances, un moment de vie unique où seuls les nombreux présents sont désormais témoin de Verna.

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La Ménagerie de verre est pleine à craquer, certains doublent la longue file d’attente pour avoir une place assise au centre et confortable, d’autres sont devant sur un coussin par terre comme en enfance. Béatrice Dalle est là, élégante, souriante comme une enfant gitane, tout le monde la regarde, l’observe sans lui parler, monstre sacré qu’elle n’a pas conscience d’être.

Un rideau brille au fond, Jean-Luc Verna entre en scène, il range, redessine l’espace, trace des lignes, prépare le terrain.

Une musique, rock, électro punk et la voix de Béatrice Dalle habiteront le moment du spectacle comme une traversée en musique et mots dans la vie de jean-Luc Verna.

Des néons lassèrent la scène de lumières crues.

Les corps de Loren Palmer et Benjamin Bertrand entrent en scène. Nus, ils sont là debout, happés par la vie comme si l’humanité entière les traversait l’espace d’un instant.

Sont-ils des statues, des tableaux, des images, des figures, Eve, Adam, le Christ, la vierge, ils incarnent, meurent, tombent, se relèvent, s’essoufflent, souffrent, rient, se caressent. La danse devient un fluide sombre et lumineux, un alliage unique et multiple pour les mots et les émotions des spectateurs en alerte. Benjamin Bertrand est un oiseau, son corps beau s’enroule, s’envole, se contorsionne à grands coups de muscles bandés.

Jean-Luc Verna refait une apparition, créature divine au sourire d’ange avec ses dents métalliques, son corps tatoué pour dire ce qu’il faut taire et réinventer un corps né pour mourir.

A la fin du spectacle une foule de danseurs aux corps multiples entre nus, chacun sa folie, chacun son regard sur la vie et les vivants qui les observent, danser avec joie, jouir de son corps sans limites.

Chacun est décoré, accessoirisé et tourne, volent, exultent comme dans un carnaval néantique d’où des nuages de vie jaillissent en feu d’artifice. « Uccello, Uccellacci & the birds » est un objet dansé, un sculpture de Jean-Luc Verna, un acte de rébellion dans un monde aseptisé où l’apparence est encore un enjeu majeur.

Selon certains, Jésus multipliait les pains et transformait l’eau en vin, Jean-Luc Verna transforme la souffrance en grâce, les coups en traces de fards et multiplie les oiseaux pour le bonheur des spectateurs qui firent résonner longtemps le son des rappels.

Aux saluts, les artistes prirent le temps de légèrement couvrir leurs corps, ils étaient encore plus nus avec leurs habits, drapés dans leur joie, les yeux brillants d’être là et de partager cet instant de grâce à la Ménagerie de Verre.

photo crédit @Charly Gosp


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